Alors qu’un juge britannique s’apprête à se prononcer sur une éventuelle qualification terroriste des actes de quatre militants de Palestine Action, l’un des plus éminents avocats spécialisés dans la défense des droits humains au Royaume-Uni a dénoncé une menace pour l’ordre constitutionnel.
Me Michael Mansfield KC, connu pour avoir participé à des affaires emblématiques comme l’incendie de la tour Grenfell, le meurtre de Stephen Lawrence ou l’affaire des Birmingham Six, a estimé que la condamnation des quatre prévenus en tant que terroristes, alors que le jury ne les a pas reconnus coupables d’une infraction terroriste, constituerait une violation des principes juridiques fondamentaux. Il a qualifié cette éventualité de « menace constitutionnelle ».
Charlotte Head, 29 ans, Samuel Corner, 23 ans, Leona Kamio, 30 ans, et Fatema Rajwani, 21 ans, ont été reconnus coupables le mois dernier de dégradations criminelles pour avoir pénétré par effraction dans un site d’un fabricant d’armes israélien au Royaume-Uni en 2024. Le juge du procès, M. le juge Johnson, doit décider vendredi s’il existe un lien entre leurs actes et le terrorisme, ce qui influencerait la peine prononcée.
L’avocat a souligné que le jury n’ayant pas retenu l’infraction terroriste, imposer une qualification de terrorisme lors de la détermination de la peine irait à l’encontre des principes établis. Cette affaire relance le débat sur l’étendue de la définition du terrorisme et son application à des actions de désobéissance civile ou de protestation politique.