Le marché du crédit privé fait l’objet d’une couverture médiatique jugée trop alarmiste par l’un des principaux acteurs du secteur. Blair Jacobson, haut responsable chez Ares Management, a vivement contesté le ton des récents articles de presse consacrés à cette classe d’actifs, estimant qu’il existe un « décalage » entre les faits et la façon dont ils sont rapportés.
S’exprimant dans le cadre d’un entretien, Jacobson a fustigé ce qu’il perçoit comme une distorsion entre les performances réelles des portefeuilles de crédit privé et les inquiétudes relayées par les médias. Selon lui, les risques sont souvent exagérés, et la nature à long terme de ces investissements n’est pas suffisamment prise en compte dans les analyses rapides. « Les titres ne reflètent pas la solidité sous-jacente des actifs que nous gérons », a-t-il déclaré, sans donner plus de précisions sur des cas concrets.
Cette prise de position intervient alors que le crédit privé connaît une croissance rapide et suscite l’attention des régulateurs et des investisseurs institutionnels. Le segment, qui échappe en grande partie à la supervision bancaire traditionnelle, est régulièrement pointé du doigt pour son opacité et son exposition à des entreprises endettées. Jacobson a reconnu que la transparence reste un enjeu, mais il a insisté sur le fait que la qualité des prêts et la discipline des gestionnaires sont meilleures que ce que laissent entendre certaines critiques.
Ares Management est l’un des plus grands gestionnaires de crédit privé au monde, avec des centaines de milliards de dollars d’actifs sous gestion. Le groupe investit notamment dans des prêts aux entreprises non notées, une activité qui s’est fortement développée après la crise financière de 2008. Les déclarations de Jacobson interviennent dans un contexte de hausse des taux d’intérêt et d’inquiétudes sur la capacité de certaines entreprises à honorer leurs dettes.
Les propos du dirigeant n’ont pas été commentés par d’autres acteurs du secteur. Ils illustrent néanmoins le fossé qui semble se creuser entre les professionnels du crédit privé et une partie de l’opinion publique, alimentée par des articles mettant en garde contre un possible ralentissement ou des défauts en chaîne.
Pour l’heure, aucune donnée chiffrée ou étude spécifique n’a été citée par Jacobson pour étayer sa critique. Il s’est contenté d’appeler à une approche plus nuancée de la part des analystes et des journalistes. « Le crédit privé n’est pas le monstre qu’on décrit », a-t-il conclu lors de son intervention.