Un procès sous huis clos

Le tribunal pour mineurs de la Moselle a ouvert ce mardi le procès d'un jeune homme âgé de 19 ans, poursuivi pour des viols et agressions sexuelles commis à l'encontre de sept très jeunes filles de son cercle familial et amical. Les faits les plus anciens, qui auraient débuté en 2013, alors que l'accusé n'avait que six ans, se sont étendus jusqu'en octobre 2023. Les débats se tiennent à huis clos, conformément aux règles applicables aux audiences concernant des mineurs victimes.

L'enquête, déclenchée en octobre 2023, a été ouverte après qu'une cousine de l'accusé a dénoncé les faits lors d'une évaluation psychiatrique, brisant des années de silence. Les investigations ont mis au jour un large éventail de violences sexuelles impliquant deux cousines de l'accusé (nées en 2007 et 2012) et trois autres jeunes filles, anciennes petites amies, nées entre 2005 et 2008. Ces dernières se sont constituées partie civile, dénonçant des attouchements et des rapports sexuels imposés sous la menace, parfois accompagnés de violences physiques. L'accusé aurait notamment utilisé un couteau pour contraindre ses victimes, et exercé un chantage à la réputation ou à la diffusion de photos dénudées.

Un profil marqué par une enfance trouble

Les expertises psychologiques dressent le portrait d'un accusé dont la trajectoire est émaillée de signes précoces de violence. Selon le rapport d'enquête, il serait né dans une famille qualifiée de « pathologique » par les enquêteurs. Son père aurait eu des relations sexuelles avec des adolescentes, parfois âgées de seulement 14 ans, en présence du jeune garçon. Dès la maternelle, ce dernier aurait manifesté des comportements agressifs envers des fillettes et ses enseignantes. À l'école primaire, il aurait déjà été en possession d'un couteau. Exclu de deux établissements scolaires et de trois collèges, l'accusé a parallèlement développé une consommation importante de contenus pornographiques.

Les experts psychiatriques mandatés dans le cadre de l'instruction ont souligné une « absence d'aptitude empathique » couplée à un « déni des droits fondamentaux d'autrui ». Ils évoquent les « prémices d'un trouble psychopathique nécessitant une notable vigilance ». La colère de l'accusé serait, selon eux, « en lien avec son enfance ».

Un procès crucial pour les victimes

Ce procès intervient alors que le jeune homme, né en 2007, était encore mineur au moment des faits, ce qui justifie la compétence de la cour d'assises pour mineurs. Les faits se sont déroulés dans plusieurs localités de Lorraine. Les victimes, désormais âgées de quatorze à vingt et un ans, devront affronter le face-à-face judiciaire. Les parties civiles espèrent que la manifestation de la vérité permettra de reconnaître la gravité des souffrances endurées.

Le verdict est attendu dans les jours à venir. L'accusé encourt une peine de réclusion criminelle pouvant aller jusqu'à vingt ans, la législation prévoyant des atténuations pour les mineurs à l'époque des faits.