Un ostéopathe de 37 ans comparaît à partir de ce lundi 1er juin devant la cour criminelle de Strasbourg. Il est mis en cause pour des viols sur huit patientes et des agressions sexuelles sur vingt-et-une autres femmes, soit un total de 29 victimes présumées. Les faits qui lui sont reprochés auraient été « commis par une personne abusant de l'autorité que lui confère sa fonction », selon les termes de l'accusation.

Le professionnel de santé exerçait depuis 2014 dans la commune d'Eschau, située dans la banlieue sud de Strasbourg. Actuellement placé sous contrôle judiciaire, il a reçu l'interdiction d'exercer son activité. Son avocat, Yves Sauvayres, a d'ores et déjà indiqué qu'il défendrait l'innocence de son client, affirmant que les actes reprochés n'avaient aucun caractère sexuel.

Une enquête déclenchée par une plainte de 2020

L'affaire a été ouverte à la suite d'une plainte pour viol déposée par une patiente en octobre 2020. Au cours des investigations, les enquêteurs ont toutefois découvert qu'une première plainte avait été enregistrée dès 2018, sans que l'on sache à ce stade si elle avait donné lieu à des poursuites à l'époque. En approfondissant leurs recherches, les enquêteurs ont identifié d'autres femmes qui témoignaient d'actes répréhensibles similaires, portant le nombre total de victimes présumées à 29.

Le procès, qui doit s'achever le 12 juin, verra l'ostéopathe confronté aux témoignages de plusieurs femmes l'accusant d'avoir touché leurs parties intimes lors de consultations. Le président de l'Union pour l'ostéopathie, interrogé sur les pratiques de la profession, a rappelé que tout toucher « interne » est proscrit dans cette discipline, considérée comme relevant des pratiques de soins non conventionnelles.

Un contexte de violences sexuelles dans le milieu médical

Cette affaire s'inscrit dans une série de procès mettant en cause des professionnels de santé pour des violences sexuelles. Le gynécologue Phuoc-Vinh Tran doit ainsi être jugé en 2027 pour des viols présumés sur 92 femmes. En 2023, un autre gynécologue, Émile Daraï, avait été mis en examen pour des faits de violences dénoncés par au moins 32 patientes.

Ces différentes procédures judiciaires relancent régulièrement le débat sur les violences sexuelles commises dans le cadre médical et sur la relation de confiance qui unit les praticiens à leurs patients.