Deux navires commerciaux ont été visés par des missiles iraniens dans le détroit d'Ormuz, a indiqué un responsable américain dans la nuit du lundi 6 au mardi 7 juillet 2026. Aucune perte humaine n'est à déplorer, selon la même source. Ces frappes constituent la dernière atteinte en date à l'accord de cessez-le-feu précaire conclu entre Washington et Téhéran.
Un centre de surveillance maritime dirigé par la marine britannique, l'United Kingdom Maritime Trade Operations, a diffusé un avis signalant qu'un pétrolier situé au large des côtes d'Oman avait été touché par un projectile non identifié, provoquant un incendie à bord. Le rapport ne précise ni l'identité du bâtiment ni sa cargaison, mais indique qu'aucune victime ni pollution n'ont été constatées. Le navire se trouvait à proximité de l'embouchure orientale du détroit au moment de l'impact.
Les autorités iraniennes n'ont pas réagi publiquement dans l'immédiat. Le pays est actuellement plongé dans une série de cérémonies funèbres pour l'ayatollah Ali Khamenei, le guide suprême tué au premier jour du conflit. Les discussions entre l'Iran et les États-Unis ont été suspendues jusqu'à la fin des obsèques.
Le président américain Donald Trump, en route pour un sommet de l'OTAN en Turquie, n'a pas commenté les frappes. Il avait auparavant reproché aux membres de l'Alliance atlantique leur manque de soutien dans la guerre contre l'Iran.
Une reprise fragile du trafic
Le détroit d'Ormuz, par lequel transite normalement un cinquième du pétrole mondial, avait été bloqué par Téhéran après les attaques américano-israéliennes de fin février. La marine américaine avait également imposé un blocus des ports iraniens. Les économies européennes ont été parmi les plus touchées par la crise énergétique qui a suivi.
Depuis l'entrée en vigueur de l'accord de cessez-le-feu préliminaire le 20 juin, une reprise timide de la circulation avait été observée. Entre le vendredi 3 et le dimanche 5 juillet, 108 navires ont traversé le détroit, selon la société de données maritimes Kpler, soit 21 de moins que les trois jours précédents. Avant la guerre, plus d'une centaine de bâtiments franchissaient quotidiennement ce passage stratégique.
L'Iran exige que les navires empruntent une route longeant ses côtes plutôt que le côté omanais. La voie traditionnelle, au milieu du détroit, est jugée dangereuse en raison des mines posées par l'armée iranienne. De nombreux navires éteignent leurs transpondeurs avant de traverser, ce qui complique le suivi du trafic et donne une vision partielle des volumes.
Conséquences sur les marchés pétroliers
Le prix du baril de pétrole brut Brent, référence mondiale, a augmenté de plus de 1 % mardi pour atteindre 73 dollars. Après avoir grimpé jusqu'à 118 dollars au plus fort des combats, le cours était redescendu proche des niveaux d'avant-guerre grâce à la reprise, même fragile, des exportations énergétiques du golfe Persique. Ces nouvelles frappes pourraient toutefois raviver les tensions et compromettre la reprise économique.
Les dernières attaques surviennent environ deux semaines après une précédente salve de tirs iraniens contre des navires, à la suite de laquelle les États-Unis avaient riposté en visant des infrastructures militaires iraniennes. Chaque incident affaiblit un peu plus le cessez-le-feu déjà fragilisé par des combats sporadiques.
Aucun commentaire officiel n'a encore été formulé par l'Iran sur ces nouvelles frappes, alors que le pays est en deuil et que son avenir politique reste incertain après la mort de son guide suprême.