Le cessez-le-feu précaire entre les États-Unis et l'Iran a été soumis à une nouvelle tension après que des missiles iraniens ont touché deux navires commerciaux dans le détroit d'Ormuz, a indiqué un responsable américain lundi soir. Aucune victime n'est à déplorer, selon la même source.
L'armateur d'un pétrolier naviguant au large des côtes omanaises a signalé une frappe par un projectile non identifié ayant provoqué un incendie à bord, a précisé un avis publié mardi matin par l'United Kingdom Maritime Trade Operations (UKMTO), un centre de surveillance dirigé par la marine britannique. Le rapport ne mentionne ni le nom du navire ni sa cargaison, mais confirme l'absence de victimes ou de dommages environnementaux. Le pétrolier se trouvait près de l'embouchure orientale du détroit au moment de l'attaque.
Aucune réaction immédiate de Téhéran
Les autorités iraniennes n'ont pas réagi publiquement dans l'immédiat. Le pays est actuellement plongé dans une série de cérémonies funéraires pour l'ayatollah Ali Khamenei, le guide suprême tué le premier jour du conflit. Les négociations entre l'Iran et les États-Unis, entamées après l'accord de cessez-le-feu préliminaire du 20 juin, ont été suspendues jusqu'à la fin des funérailles.
Le président Donald Trump, qui se rendait en Turquie pour un sommet de l'OTAN, n'a pas non plus commenté ces frappes. Il a récemment critiqué les membres de l'Alliance atlantique pour leur soutien jugé insuffisant à l'effort de guerre américain contre l'Iran.
Un cessez-le-feu déjà fragilisé
Le détroit d'Ormuz, par lequel transite normalement un cinquième du pétrole mondial, avait été effectivement bloqué par Téhéran après le déclenchement des hostilités entre les États-Unis, Israël et l'Iran fin février. La marine américaine avait également imposé un blocus des ports iraniens. Les économies européennes ont été parmi les plus durement touchées par la crise énergétique qui a suivi.
La circulation dans la zone a repris timidement depuis l'entrée en vigueur de l'accord de cessez-le-feu le 20 juin. Mais cet accord a déjà été ébranlé par des combats sporadiques. Les frappes signalées lundi surviennent près de deux semaines après une précédente série d'attaques iraniennes contre des navires, qui avait provoqué des représailles américaines contre des infrastructures militaires iraniennes.
Trafic en baisse et prix du pétrole en hausse
Selon la société de données maritimes Kpler, 108 navires ont traversé le détroit d'Ormuz du vendredi au dimanche, soit 21 de moins que les trois jours précédents. Avant la guerre, plus d'une centaine de navires passaient quotidiennement par cette voie stratégique.
Téhéran exige que les navires empruntent une route longeant ses côtes, et non celle proche d'Oman, considérée comme dangereuse en raison du risque de mines posées par l'armée iranienne. De nombreux navires éteignent leurs transpondeurs avant de franchir le détroit, ce qui complique l'identification de leurs itinéraires précis et donne une vision incomplète des volumes de trafic.
Le prix du baril de pétrole Brent, référence mondiale, a augmenté de plus de 1 % mardi pour atteindre 73 dollars. Alors que les exportations énergétiques du golfe Persique se rétablissent timidement, le prix du pétrole est redescendu près de son niveau d'avant-guerre, après avoir culminé à 118 dollars durant les pires combats.