Microsoft face à de nouvelles critiques sur ses puces quantiques
Les promesses de Microsoft dans le domaine du calcul quantique sont une nouvelle fois remises en question. Dans un article publié le 24 juin 2026 par la revue scientifique Nature, le physicien Henry Legg, chercheur à l’université de St Andrews, exprime des doutes sérieux sur les performances des puces Majorana 1 et Majorana 2 présentées par le géant de Redmond.
Des erreurs de codage et l'absence de preuve de la particule de Majorana
Henry Legg, qui suit de près les travaux de Microsoft depuis plusieurs années, affirme qu'un outil logiciel utilisé par l'entreprise pour vérifier ses propres recherches contiendrait des erreurs de codage et ne serait pas suffisamment précis. Selon lui, Microsoft n'aurait toujours pas apporté la preuve concluante de l'existence de la particule de Majorana, une quasi-particule théorique qui constitue le fondement de son approche du calcul quantique. « Ils n'ont pas prouvé de manière convaincante qu'ils disposaient de Majoranas », déclare-t-il. « On ne peut pas fabriquer un qubit topologique sans elles. »
Le physicien compare les avancées revendiquées par Microsoft à « l'équivalent d'une montre suisse de précision », mais affirme qu'en examinant le mécanisme, il n'a trouvé qu'« un enchevêtrement chaotique de pièces mal assorties ». Il ajoute que « quelque chose faisait du bruit, mais cela ne ressemblait pas à la percée annoncée par Microsoft ».
Microsoft défend ses résultats et évoque un processus scientifique normal
Face à ces accusations, Microsoft maintient ses conclusions. Chetan Nayak, vice-président et responsable du matériel quantique chez Microsoft, a déclaré que « le scepticisme et la rigueur sont des marques de fabrique du processus scientifique, que nous apprécions et que nous avons soutenus auprès de divers universitaires ». Il précise que l'entreprise a participé au dialogue et que sa réponse détaillée a été acceptée et publiée par Nature. Dans cette réponse, Microsoft indique que le logiciel évoqué par Legg n'a pas servi à « interpréter » les mesures qui ont conduit à ses conclusions.
Un débat sur la transparence des données
Henry Legg reproche également à Microsoft de ne pas partager suffisamment de données pour permettre à d'autres scientifiques d'examiner ses travaux, une étape cruciale pour valider ou infirmer une recherche. Microsoft rétorque qu'elle transmet l'ensemble de ses données à l'agence de défense américaine Darpa pour une évaluation indépendante, mais que certaines informations sont trop sensibles d'un point de vue commercial pour être publiées plus largement.
Un historique de controverses
Cette nouvelle controverse n'est pas la première à entourer les recherches quantiques de Microsoft. En 2021, un article émanant d'un laboratoire soutenu par Microsoft et affirmant avoir trouvé des preuves de l'existence de la particule de Majorana avait été rétracté. En 2025, la revue Nature avait ajouté une note à l'article de Microsoft dans lequel l'entreprise affirmait avoir créé la particule, indiquant que les résultats de ce manuscrit étaient sujets à caution.
Des promesses ambitieuses pour l'avenir
Microsoft a dévoilé sa puce Majorana 1 en février 2025, avant de présenter en juin 2026 une version améliorée, la Majorana 2, présentée comme 1 000 fois plus fiable que la précédente. L'entreprise promet qu'un superordinateur quantique utilisant cette technologie pourrait un jour résoudre des défis mondiaux majeurs, comme inverser le changement climatique ou éradiquer la faim. Cependant, ces annonces sont aujourd'hui sérieusement contestées par une partie de la communauté scientifique.