L'Europe de l'Ouest a connu son mois de juin le plus chaud jamais enregistré, a annoncé un service de surveillance climatique de l'Union européenne. Les températures moyennes dans la région ont été de 3,05 degrés Celsius (5,5 degrés Fahrenheit) au-dessus des normales des dernières décennies, dépassant ainsi le précédent record établi en juin de l'année dernière.
Pour l'ensemble de la planète, il s'agit du deuxième mois de juin le plus chaud jamais observé. La température globale était supérieure de 1,39 degré Celsius (2,5 degrés Fahrenheit) à celle du début de l'ère industrielle, lorsque les humains ont commencé à réchauffer la planète en brûlant massivement du pétrole, du gaz et du charbon.
« Ensemble, ces records témoignent d'un système climatique qui continue d'accumuler de la chaleur », a déclaré une climatologue du service européen. « Il en résulte des vagues de chaleur de plus en plus intenses, un océan persistant et chaud, et des risques croissants pour les populations, les écosystèmes et les infrastructures en Europe et au-delà. »
Des records battus dans plusieurs pays
Les températures records du mois de juin ont été largement dépassées dans certaines parties de l'Angleterre, de l'Espagne, de l'Allemagne, des Pays-Bas et de la Suisse. La France a enregistré son jour le plus chaud non seulement pour le mois de juin, mais pour n'importe quel mois de l'année, et ce pendant trois jours consécutifs.
Les conditions atmosphériques qui créent des épisodes prolongés de chaleur estivale intense ne sont pas nouvelles. Cependant, elles se produisent désormais dans un contexte de températures moyennes plus élevées en raison de l'accumulation de dioxyde de carbone et d'autres gaz à effet de serre provenant de la combustion des combustibles fossiles. Cela permet aux températures lors des vagues de chaleur d'atteindre plus facilement des sommets records.
Des scientifiques qui ont analysé la chaleur du mois de juin en Europe de l'Ouest ont conclu que le changement climatique avait considérablement augmenté les chances qu'une aussi grande partie du continent connaisse des températures aussi élevées pour ce mois. La probabilité d'une vague de chaleur aussi sévère avait augmenté, même par rapport à 2003, lorsqu'une autre canicule extrême avait causé plus de 70 000 décès supplémentaires en Europe.
Un bilan humain lourd
En France, les autorités sanitaires ont signalé un millier de décès supplémentaires pendant les trois journées les plus chaudes de fin juin. Quatre-vingt-cinq pour cent des personnes décédées étaient âgées de 65 ans ou plus, bien que des augmentations de la surmortalité aient été enregistrées dans toutes les tranches d'âge, selon l'agence de santé française.
Des scientifiques ont estimé cette semaine que le nombre total de décès liés à la chaleur en France le mois dernier pourrait avoir dépassé les 2 700.