Près de 700 voyageurs ont passé une nuit cauchemardesque à bord d’un Eurostar, mercredi 24 juin. Parti de Paris en direction d’Amsterdam, le train a dû s’immobiliser près de Compiègne (Oise) en raison d’une alerte incendie. Ce n’était que le début d’un calvaire qui s’est prolongé pendant plus de huit heures, sous une vague de chaleur accablante.

Les passagers sont restés bloqués dans des wagons sans climatisation pendant cinq heures avant qu’un train de secours ne vienne les récupérer. Mais ce second convoi a lui aussi connu des défaillances en Belgique, entraînant une nouvelle attente et un report de l’arrivée à Amsterdam bien au-delà de minuit. Selon plusieurs témoignages, l’ensemble du trajet a finalement duré près du double du temps normal.

Des conditions qualifiées d’insoutenables

Sous des températures dépassant les 35 degrés dans la région, les voyageurs ont dénoncé l’absence d’information et de prise en charge. « On nous disait de patienter, mais personne ne pouvait nous donner de délai », a raconté une passagère jointe par téléphone à son arrivée. L’eau est rapidement devenue rare, et plusieurs personnes, notamment des enfants et des personnes âgées, ont ressenti des malaises liés à la chaleur écrasante.

« Les toilettes étaient condamnées pendant une partie de l’attente et il n’y avait pas d’air. Les fenêtres ne s’ouvrent pas dans ces trains », a témoigné un autre voyageur. Certains passagers ont dû être pris en charge par les services de secours après être descendus du train sur les voies, sous la supervision des agents.

Un deuxième épisode similaire a touché d’autres voyageurs

Dans la même journée, un second Eurostar a également été immobilisé en Belgique à la suite d’une panne technique. Ses passagers ont aussi été évacués et ont dû patienter plusieurs heures. L’opérateur ferroviaire n’a pas encore communiqué le bilan précis du nombre total de voyageurs concernés par ces deux incidents cumulés.

Ces pannes surviennent dans un contexte de canicule exceptionnelle qui frappe l’Europe du Nord-Ouest. Les trains Eurostar, qui ne sont pas équipés de systèmes de climatisation de secours en cas de coupure électrique, se retrouvent particulièrement vulnérables lors de tels épisodes météorologiques.

Des questions sur la résilience du réseau

Plusieurs associations de consommateurs ont déjà demandé des explications à l’entreprise Eurostar, alors que la chaleur extrême pourrait devenir plus fréquente sous l’effet du changement climatique. Le droit européen prévoit une indemnisation pour les retards de plus d’une heure, mais le processus est souvent jugé lent et opaque par les passagers.

Pour l’instant, Eurostar n’a pas annoncé de mesures exceptionnelles pour ces incidents, se contentant de rappeler les procédures de remboursement prévues par la réglementation. Les voyageurs, eux, décrivent une expérience traumatisante. « Je prends le train depuis des années, mais je n’avais jamais vécu ça », a confié un passager.