À quelques semaines des départs estivaux, une majorité de Français affiche l'intention de prendre des vacances, mais avec un portefeuille nettement plus serré que les années précédentes. Selon une récente enquête, 62% des personnes interrogées prévoient de partir cet été. Toutefois, le budget moyen alloué à cette période de repos s'établit à 1 748 euros, un niveau au plus bas depuis 2022. Ce montant représente une diminution de 287 euros par rapport à l'année 2025.

Le carburant, premier responsable de la baisse du budget

Parmi les causes de cette contraction budgétaire, la hausse du prix du carburant est la plus fréquemment mentionnée. Pour 71% des futurs vacanciers, ce poste de dépense pèse lourdement sur leurs finances et les contraint à revoir leurs plans à la baisse. Cette situation pousse les ménages à adopter des stratégies d'économie.

Ainsi, 61% des sondés envisagent de privilégier des destinations plus proches de leur domicile. Les témoignages recueillis dans les rues de Lyon illustrent ces arbitrages : certains évoquent l'idée de ne pas partir aux mêmes dates que la majorité, d'autres de voyager à plusieurs pour mutualiser les frais, ou encore de choisir des lieux accessibles en train plutôt qu'en voiture.

Un impact différencié sur le secteur touristique

Cette réduction des dépenses n'affecte pas uniformément les acteurs du tourisme. Didier Arino, directeur général du cabinet Protourisme, observe que les Français concentrent l'essentiel de leur budget sur l'hébergement, quitte à réduire leurs dépenses annexes. « Si les Français partiront quand même pour une grande partie, ils mettront l'essentiel du budget dans l'hébergement et feront très attention sur les dépenses à côté », explique-t-il.

Selon lui, cette tendance pourrait se traduire par une situation contrastée : les hébergeurs pourraient tirer leur épingle du jeu, tandis que les commerçants, les restaurateurs et les petits sites de visite risquent de pâtir de ce recentrage des dépenses. « Donc on peut très bien avoir des hébergeurs qui s'en sortent plutôt bien. Et à côté de ça, des commerçants, des restaurateurs, des petits sites de visite qui paieront l'addition », ajoute-t-il.

Des vacances sous le signe de la modération

Les ménages français adoptent donc des comportements plus frugaux. Certains disent s'y prendre plus tôt pour bénéficier de meilleurs tarifs, d'autres réduisent la distance parcourue. Le recours au train est également cité comme une alternative pour alléger la facture, même si cette option n'est pas accessible à tous.

Ce contexte de rigueur budgétaire intervient alors que le pouvoir d'achat reste une préoccupation majeure pour une large partie de la population. La hausse des prix des carburants, qui impacte directement les déplacements en voiture – mode de transport dominant pour les vacances –, semble avoir un effet dissuasif certain.

En définitive, si le désir de vacances demeure fort, les moyens financiers consacrés à ce temps de loisir se réduisent, poussant les Français à faire preuve d'ingéniosité pour concilier évasion et contraintes économiques.