Le parquet d'Agen a dévoilé, ce mercredi 24 juin, les conclusions de l'autopsie de Lyhanna, dont le corps avait été découvert sans vie le 4 juin dans un silo agricole du Gers. Les analyses, reçues par les autorités le 22 juin, mettent en lumière plusieurs éléments accablants tout en laissant provisoirement la cause du décès non élucidée.
Selon le communiqué du procureur de la République Olivier Naboulet, l'examen médical n'a révélé « aucune lésion traumatique cervicale visible » ni « aucune lésion traumatique interne permettant d'expliquer le décès ». En revanche, des « lésions ecchymotiques » ont été constatées sur les membres supérieurs et inférieurs de l'enfant. Le magistrat précise que ces marques sont « hautement évocatrices de lésions d'entrave provoquées par des liens, contraignant les bras, avant-bras, poignets et chevilles ». Ces ecchymoses sont toutefois jugées superficielles et sans lien direct avec la mort.
Contusions buccales et acte sexuel
L'autopsie a également mis en évidence des « contusions aux commissures et face interne de la bouche ». Selon les experts, ces lésions « sont compatibles avec des traumatismes contondants ou par frottements, également compatibles avec une survenue avant le décès ».
Surtout, le rapport médical combiné aux analyses biologiques antérieures a permis d'établir la commission d'un viol. « Les constatations du rapport d'autopsie, combinées avec les analyses biologiques précédentes, amènent à conclure à la commission d'un viol sur la victime », a déclaré le procureur.
Cause du décès non déterminée, examens complémentaires en cours
Malgré ces constats, la raison précise du décès n'a pas pu être établie avec certitude. Olivier Naboulet a indiqué que « des examens complémentaires en anatomopathologie sont nécessaires, de même qu'une analyse toxicologique ». Ces procédures scientifiques, en cours, devraient prendre du temps.
Des charges désormais criminelles
Face à ces nouvelles données, le parquet a demandé la requalification des faits reprochés à Jérôme Barella, mis en cause dans cette affaire. Le procureur souhaite que les poursuites soient désormais engagées pour « meurtre sur mineure de quinze ans, précédé ou accompagné d'un viol » et « viol sur mineure de quinze ans par violence, contrainte, menace ou surprise ». Ces qualifications criminelles font encourir à leur auteur la réclusion criminelle à perpétuité.
Les parents de la collégienne ont pris connaissance du rapport d'autopsie, sans que leur réaction immédiate n'ait été communiquée. L'enquête se poursuit pour déterminer les circonstances exactes de ce drame qui a profondément ému l'opinion publique et suscité de vives réactions politiques.