Une procédure judiciaire a été engagée contre Tesla après la mort de Martha Avila, 76 ans, survenue lorsque une Model 3 a traversé son domicile dans une zone résidentielle du Texas. La plainte, déposée devant le tribunal de district du comté de Harris par Jennifer Barbour, fille de la victime, et son époux Justin, vise à obtenir plus d'un million de dollars de réparations pour ce décès brutal.
L'accident s'est produit alors que le conducteur, Michael Butler, également cité dans la plainte, aurait indiqué aux forces de l'ordre que le mode d'assistance automatisée était activé lorsqu'il a perdu le contrôle du véhicule. Les autorités locales ont confirmé que Butler n'était pas sous l'emprise de l'alcool et qu'il collaborait à l'enquête. Une vidéo provenant d'une sonnette connectée montrerait la voiture heurtant la maison à vive allure.
Tesla conteste fermement que son dispositif dit de « conduite entièrement autonome » (FSD) soit en cause. Sur le réseau social X, le PDG Elon Musk a affirmé que le FSD « roule lentement dans les rues de quartier » et que la vitesse élevée relevée dans cet accident prouve que la technologie n'est pas responsable. Ashok Elluswamy, vice-président de l'intelligence logicielle chez Tesla, a renchéri sans produire d'élément tangible, accusant le conducteur d'avoir manuellement enfoncé la pédale d'accélérateur à fond, atteignant 73 miles par heure (environ 117 km/h) au moment du choc, et de l'avoir maintenue enfoncée même après l'impact.
Les deux hypothèses de la plainte
La famille avance néanmoins deux explications techniques quant à un possible dysfonctionnement du système FSD. La première concerne un défaut connu sous l'appellation « accélération subite non intentionnelle ». Selon le document déposé, des variations de tension dans la batterie, liées à des surcharges ponctuelles du système, pourraient amener l'onduleur à interpréter à tort que la pédale d'accélérateur est actionnée, provoquant ainsi une accélération dangereuse. Le constructeur serait informé de ce problème, qui aurait déjà causé « de nombreuses pertes de vie et blessures », sans pour autant y remédier.
La seconde théorie pointe une carence matérielle : lors de la pénurie mondiale de semi-conducteurs, Tesla aurait supprimé certains capteurs de détection d'obstacles sur ses véhicules. La Model 3 de Butler n'aurait ainsi pas détecté la maison située en bout de rue, « directement sur sa trajectoire », selon les termes de la plainte.
La requête précise que « le conducteur Butler utilisait le véhicule de manière raisonnablement prévisible, avec le système Autopilot et/ou FSD activé, lorsque le véhicule n'a pas détecté la fin de la rue et a percuté directement le domicile des plaignants, et/ou a subi une accélération subite involontaire l'ayant projeté dans la maison. »
Une enquête fédérale en cours
Les autorités fédérales mènent parallèlement une investigation pour déterminer si le système d'assistance était effectivement en service et s'il a joué un rôle dans le sinistre. L'affaire relance le débat sur la fiabilité des technologies de conduite automatisée et sur la responsabilité des constructeurs en cas d'accident. La famille espère qu'un jury reconnaîtra Tesla coupable d'avoir mis en circulation des automobiles présentant des vices de conception.
Tesla, de son côté, maintient que le conducteur est seul responsable et que ses systèmes respectent les normes de sécurité. L'issue de cette procédure pourrait avoir des répercussions sur les futures réglementations concernant les dispositifs d'assistance à la conduite.