La plateforme en ligne « Classés sans suite », destinée à recueillir les témoignages de victimes de violences sexuelles, a été submergée par plus de 800 récits en l’espace de deux jours, a indiqué sa fondatrice, Eve Simonet. Cette initiative vise à donner la parole aux personnes qui n’ont pas porté plainte ou dont les plaintes ont été classées sans suite.
Eve Simonet a expliqué que l’objectif de cette plateforme est de « montrer le caractère hyper massif mais aussi systémique des violences » sexuelles. Les internautes peuvent y témoigner même sans avoir déposé plainte, ce qui élargit considérablement le champ des récits recueillis.
Ce flux massif de témoignages survient dans un contexte où les violences sexuelles restent largement sous-déclarées en France. Selon les données disponibles, une majorité de victimes ne franchissent pas le pas de la plainte, par crainte de ne pas être crues ou par méconnaissance des procédures. « Classés sans suite » entend ainsi offrir un espace d’expression sans filtre judiciaire.
Un afflux qui interroge
Le nombre de témoignages, qui dépasse les 800 en deux jours, illustre selon la créatrice l’ampleur du phénomène. Si la plateforme a été conçue pour accueillir un grand nombre de récits, cet afflux rapide a surpris ses concepteurs. Eve Simonet a précisé que les témoignages sont anonymisés et ne peuvent être utilisés dans le cadre de poursuites pénales, mais qu’ils constituent une photographie des violences subies.
Réactions et implications
Ce succès de participation soulève des questions sur la gestion des violences sexuelles en France. Plusieurs associations de lutte contre les violences faites aux femmes ont salué l’initiative, y voyant un outil complémentaire aux dispositifs existants, comme le 3919. Cependant, certaines voix s’interrogent sur l’efficacité de ces témoignages non judiciaires pour faire évoluer les pratiques.
La plateforme reste ouverte et continue de recevoir des récits. Son équipe technique travaille à garantir la stabilité du site face à l’afflux. Aucune information n’a été communiquée sur un éventuel prolongement de la collecte au-delà de la période initiale.