La Commission indépendante sur l'inceste et les violences sexuelles faites aux enfants (Ciivise) a présenté, lundi 15 juin 2026, un rapport d'évaluation très attendu sur la mise en œuvre par le gouvernement de ses recommandations. Remis au ministre de la Justice, Gérald Darmanin, et à la ministre des Familles, Stéphanie Rist, ce document dresse un constat sévère : selon les conclusions de la commission, seules 28 % des mesures préconisées fin 2023 ont été pleinement appliquées.

Ce bilan intervient dans un contexte marqué par l'émotion suscitée par la mort de Lyhanna, qui a relancé le débat public sur les moyens alloués à la lutte contre les violences sexuelles sur mineurs. La Ciivise, qui avait formulé plusieurs dizaines de recommandations il y a deux ans et demi, pointe un déficit de volonté politique, malgré la multiplication des commissions et des rapports sur le sujet ces dernières années.

Un écart persistant entre les promesses et les actes

Selon les informations recueillies, le rapport indique que plus des deux tiers des recommandations émises en 2023 ne sont pas encore pleinement effectives. La commission déplore que plusieurs mesures cruciales, notamment dans les domaines de la prévention, de la formation des professionnels et de la prise en charge des victimes, n'aient pas été mises en œuvre de manière satisfaisante.

L'évaluation, dont la présentation avait été reportée à plusieurs reprises, intervient dans un climat de fortes attentes de la part des associations de victimes et des professionnels de la protection de l'enfance. La Ciivise estime que les avancées restent trop limitées face à l'ampleur du phénomène : en France, un enfant serait victime de violences toutes les trois minutes.

Des recommandations structurelles en suspens

Parmi les préconisations non appliquées ou partiellement mises en œuvre figurent des mesures visant à renforcer la coordination entre les acteurs judiciaires, sociaux et éducatifs, ainsi que des propositions relatives à l'allongement des délais de prescription et à l'amélioration de l'accompagnement psychologique des victimes. La commission appelle l'exécutif à aller plus loin et à accélérer le rythme des réformes.

Le rapport a été remis aux deux ministres, Gérald Darmanin et Stéphanie Rist, qui devront désormais y répondre. La Ciivise insiste sur l'urgence d'une action plus résolue, alors que les chiffres des violences sexuelles sur mineurs restent élevés et que de nombreuses affaires continuent d'émailler l'actualité judiciaire.