Jeff Bezos, tête d'affiche de la dixième édition
Le salon VivaTech 2026, qui se tient pour la première fois sur l'avenue des Champs-Élysées, accueille Jeff Bezos, fondateur d'Amazon, comme invité vedette. Sa venue, annoncée pour le deuxième jour du salon, suscite un vif intérêt parmi les 15 000 start-up présentes et les quelque 150 000 visiteurs attendus. Le milliardaire américain doit participer à une session plénière consacrée aux « frontières de l'innovation ». Selon les organisateurs, ce choix d'invité vise à souligner le rôle des grandes plateformes technologiques dans l'essor de l'intelligence artificielle générative, secteur dans lequel Amazon investit massivement.
La souveraineté numérique au cœur des préoccupations
Parallèlement au discours enthousiaste sur l'IA, le thème de la souveraineté numérique a dominé les premières conférences. Plusieurs responsables politiques et chefs d'entreprise ont alerté sur le retard de l'Europe dans le domaine du cloud souverain. Le ministre français de l'Économie numérique, interrogé sur le montant des investissements publics – 655 millions d'euros annoncés pour le développement de l'infrastructure cloud –, a jugé cette somme « que dalle », estimant qu'elle était très insuffisante face aux besoins et aux capacités des géants américains. « Nous devons multiplier par dix, voire par vingt, nos efforts si nous voulons exister dans ce secteur critique », a-t-il déclaré depuis le stand de l'État.
Un débat animé sur les infrastructures critiques
Une table ronde réunissant des dirigeants de start-up françaises et européennes a mis en lumière les difficultés concrètes rencontrées par les jeunes pousses pour héberger leurs données en Europe. Plusieurs intervenants ont pointé du doigt la dépendance aux solutions américaines et chinoises. Le patron de la start-up française Pasqal, spécialisée dans le calcul quantique, a estimé que « la souveraineté numérique ne se décrète pas, elle se construit avec des investissements massifs et une volonté politique forte ». Il a regretté que les 655 millions d'euros annoncés soient « un pansement sur une jambe de bois ».
Une polémique sur le budget dédié au cloud souverain
En marge du salon, une controverse a éclaté sur le montant effectif des crédits alloués au cloud dit « souverain ». Selon des documents consultés par des journalistes présents, le chiffre de 655 millions d'euros inclurait des dépenses déjà engagées, et non des financements nouveaux. L'entourage du ministre a confirmé que ce montant correspond à l'enveloppe globale du programme « Cloud de confiance » depuis 2021, précisant que 250 millions d'euros supplémentaires seraient débloqués d'ici 2027. L'opposition a dénoncé un « manque d'ambition ».
L'IA générative, entre promesses et craintes
Plusieurs start-up ont présenté des innovations dans le domaine de l'IA générative, notamment dans la santé, la finance et l'éducation. Une jeune pousse française a dévoilé un assistant médical capable de synthétiser des dossiers patients en temps réel, tandis qu'une autre a présenté un outil de détection des deepfakes destiné aux entreprises. Les débats ont aussi porté sur les risques éthiques et réglementaires. Un représentant de la Commission européenne a rappelé que l'AI Act, entré en vigueur au début de l'année, imposait des contraintes strictes aux systèmes d'IA considérés comme « à haut risque ».
Jeff Bezos interpelle sur la régulation
Lors de son intervention, Jeff Bezos a été questionné sur la régulation de l'IA. Il a reconnu que « la technologie avance plus vite que la loi », mais a mis en garde contre une régulation trop contraignante qui pourrait « étouffer l'innovation européenne ». Il a plaidé pour une approche « pragmatique et flexible », laissant aux entreprises la liberté d'expérimenter. Ses propos ont suscité des réactions contrastées parmi les participants, certains saluant son honnêteté, d'autres dénonçant une tentative d'influencer les législateurs.
Des annonces attendues sur les financements
Plusieurs annonces sont attendues dans les prochains jours, notamment un plan de soutien aux start-up deep tech et un fonds d'investissement dédié au quantique. Le président de la République doit clôturer le salon vendredi, et les observateurs s'attendent à ce qu'il aborde la question de la souveraineté numérique. Le gouvernement espère que cette édition anniversaire permettra de renforcer la visibilité de la French Tech à l'international, tout en stimulant les levées de fonds.
Une fréquentation record attendue
Avec 15 000 start-up inscrites et 150 000 visiteurs espérés, cette dixième édition de VivaTech devrait battre tous les records de fréquentation. Le choix des Champs-Élysées, artère emblématique de Paris, vise à rapprocher l'événement du grand public. Des stands ouverts à tous permettent de découvrir des innovations dans la mobilité, la robotique, l'énergie et l'alimentation. Plusieurs conférences sont diffusées en direct sur les réseaux sociaux. L'ambiance est à la fois festive et studieuse, entre démonstrations spectaculaires et débats de fond.