Waymo, filiale d'Alphabet spécialisée dans les véhicules autonomes, a annoncé le rappel de plusieurs milliers de ses robotaxis en raison d'un défaut logiciel affectant leur comportement sur autoroute. La mesure concerne potentiellement 3 871 véhicules équipés du système de conduite automatisée de cinquième génération, selon un rapport de sécurité soumis à l'Agence nationale de la sécurité routière des États-Unis (NHTSA).
Des incidents enregistrés sur autoroute Le problème a été identifié après une série d'événements au cours desquels les véhicules n'ont pas reconnu les panneaux indiquant une fermeture de bretelle d'accès et se sont engagés dans des zones de chantier préétablies sur autoroute. Le document officiel précise que, dans certaines circonstances, le système autonome peut entrer et circuler à pleine vitesse dans ces zones de travaux, en raison d'une priorisation inappropriée de l'évitement d'autres dangers routiers ou d'une incapacité à détecter le chantier.
Le rappel comprend des améliorations logicielles ainsi que des protocoles opérationnels supplémentaires destinés à corriger le défaut. Waymo n'a pas précisé si des accidents ou des blessures ont été associés à ces incidents, mais la NHTSA classe cette action comme un rappel de sécurité.
Un contexte de déploiement accéléré Cette opération intervient alors que l'industrie des robotaxis connaît une dynamique de développement soutenue aux États-Unis. Plusieurs acteurs majeurs ont récemment annoncé des plans d'expansion : Uber Technologies, Lucid Group et Nuro ont dévoilé un projet de lancement de service de robotaxis à Houston l'année prochaine, tandis que Mobileye, filiale d'Intel, a indiqué viser un démarrage d'activité pour 2027.
Waymo, qui opère déjà des services de navette autonome dans plusieurs villes américaines, notamment Phoenix, San Francisco et Los Angeles, n'a pas communiqué de calendrier précis pour l'application du correctif. La société avait déjà procédé à des rappels par le passé, notamment en 2024 pour un problème de logiciel affectant la détection des véhicules d'urgence.
Des enjeux de sécurité et de régulation Le rappel soulève des questions sur la fiabilité des systèmes autonomes face à des situations imprévues, en particulier sur les voies rapides où les vitesses sont élevées et les décisions doivent être prises en fractions de seconde. Les zones de chantier mobiles ou temporaires représentent un défi particulier pour les algorithmes de conduite, car elles nécessitent une interprétation visuelle et contextuelle des panneaux de signalisation.
La NHTSA suit de près le déploiement des véhicules autonomes et a multiplié les enquêtes sur les incidents impliquant des robotaxis. L'agence fédérale exige que tout défaut de sécurité soit signalé et corrigé par rappel, sous peine de sanctions. Waymo coopère pleinement avec les autorités, selon les informations disponibles.
Perspectives pour l'industrie Ce rappel n'est pas isolé : d'autres entreprises de robotaxis, comme Cruise (filiale de General Motors), ont également dû procéder à des rappels pour des problèmes logiciels ou matériels. Ces incidents rappellent que la technologie, bien qu'en progrès constant, reste perfectible avant une commercialisation à grande échelle.
Waymo insiste sur le fait que la sécurité est sa priorité et que le correctif sera déployé rapidement sur l'ensemble des véhicules concernés. L'entreprise n'a pas encore précisé si le rappel affectera temporairement ses services commerciaux dans les zones où elle opère.