Le réalisateur allemand Wim Wenders a pris la décision de supprimer une scène de nu de son film «Faux Mouvement» (1975), répondant ainsi à une demande que l’actrice Nastassja Kinski formulait depuis une dizaine d’années. La séquence incriminée montrait l’interprète, alors âgée de 14 ou 15 ans, en culotte, en compagnie d’un acteur qui avait environ vingt ans de plus qu’elle.

Une bataille de longue haleine

Selon des informations concordantes, Nastassja Kinski avait entrepris des démarches pour obtenir le retrait de cette image dès le milieu des années 2010. Elle estimait que cette scène, tournée alors qu’elle était encore mineure, ne correspondait plus à l’image qu’elle souhaitait donner d’elle-même et qu’elle participait d’une exploitation de son corps adolescent. Le combat de l’actrice a finalement abouti ces derniers jours, le cinéaste ayant accepté de procéder à la modification.

Un film emblématique de la Nouvelle Vague allemande

«Faux Mouvement» est l’un des longs-métrages les plus célèbres de Wim Wenders. Adapté librement du roman «Les Années de voyage de Wilhelm Meister» de Goethe, le film raconte le voyage initiatique d’un jeune écrivain interprété par Rüdiger Vogler. Nastassja Kinski y tenait le rôle de Mignon, une jeune fille étrange et marginale. Le long-métrage avait reçu plusieurs distinctions, dont le Prix du film allemand en or en 1976.

Précédent dans l’œuvre de Wenders

Cette décision de suppression s’inscrit dans un contexte de réévaluation de certaines œuvres cinématographiques, où des scènes jugées aujourd’hui problématiques sont retirées ou modifiées. Il ne s’agit pas du premier geste de ce type pour le cinéaste allemand : par le passé, il avait déjà accepté de supprimer des séquences de nu de son film «État des choses» (1982), à la demande des actrices concernées.

Réactions et implications

La nouvelle de ce retrait a été diversement commentée dans le milieu du cinéma. Certains saluent la décision du réalisateur, y voyant une marque de respect envers la volonté de l’actrice et une prise en compte de l’évolution des sensibilités. D’autres, plus réservés, craignent que ces modifications ne portent atteinte à l’intégrité des œuvres originales. Wim Wenders, de son côté, n’a pas souhaité s’exprimer publiquement sur ce sujet, mais son geste parle de lui-même : il a choisi de faire primer le consentement et la dignité de l’actrice sur la préservation à tout prix de son travail de jeunesse.

Un précédent qui pourrait faire jurisprudence

Cette affaire remet sur le devant de la scène la question du traitement des images de nudité impliquant des mineurs dans le cinéma. Elle pourrait inciter d’autres actrices ou acteurs à demander la révision de leurs propres films, et pousser les ayants droit et les réalisateurs à examiner plus attentivement les demandes de ce type. L’évolution des normes sociales et l’attention accrue portée aux violences sexistes et sexuelles dans l’industrie du divertissement offrent désormais un cadre plus favorable à ces requêtes.

Conclusion

Le long combat de Nastassja Kinski a donc trouvé une issue positive. La scène de «Faux Mouvement» est désormais retirée, et avec elle, une part de l’histoire du cinéma allemand. Mais cette disparition, loin d’être une censure, apparaît comme une réparation, un geste nécessaire pour que la dignité d’une femme, devenue adulte, soit respectée. L’actrice reste aujourd’hui une figure majeure du septième art, et ce dénouement lui permet de tourner la page sur une séquence qu’elle considérait comme une atteinte à son intégrité.