Un succès acquis dans la douleur

Jannik Sinner a entamé la défense de son titre à Wimbledon par une victoire en cinq manches, lundi, face au Serbe Miomir Kecmanovic (50e mondial). Le score final de 4-6, 6-3, 6-7 (6/8), 6-2, 6-3 en faveur de l'Italien ne reflète qu'imparfaitement les difficultés rencontrées sur le Centre Court. Mené d'un set puis poussé au tie-break dans la troisième manche, le numéro un mondial a dû puiser dans ses réserves pour renverser la situation après trois heures et demie de jeu.

Le match a été marqué par plusieurs alertes physiques. Au cours du troisième set, Sinner a glissé derrière la ligne de fond et est resté quelques instants au sol, provoquant un mouvement d'inquiétude parmi le public. L'arbitre est venu s'enquérir de son état. Plus tard, du sang a été observé s'écoulant de sa chaussure, ce que le joueur a expliqué par un problème d'ongle. Malgré ces désagréments, le tenant du titre a su élever son niveau de jeu dans les deux dernières manches pour l'emporter.

Ce succès est d'autant plus notable que Sinner n'avait remporté qu'un seul de ses neuf précédents matchs allant jusqu'à la cinquième manche. En l'occurrence, il a inversé la tendance au moment décisif, évitant ainsi de devenir le troisième champion en titre à être éliminé dès le premier tour à Wimbledon.

Les « petits changements » de Sinner

Ce premier tour laborieux intervient un mois après une déconvenue retentissante à Roland-Garros, où Sinner avait perdu au deuxième tour alors qu'il menait deux sets à zéro et 5-1 face à l'Argentin Juan Manuel Cerundolo. Dans la chaleur parisienne, l'Italien avait semblé physiquement et mentalement absent, s'effondrant complètement.

Conscient de cette faille, Jannik Sinner avait confié, avant le début de Wimbledon, avoir apporté « de petits changements » dans sa préparation et son approche des matchs. Sans donner de détails précis, il a laissé entendre qu'il avait travaillé sur sa gestion des moments critiques et sur son endurance. Ce premier tour éprouvant a constitué un test grandeur nature de ces ajustements. Bien qu'encore perfectible, la capacité du numéro un mondial à inverser le cours d'un match qu'il perdait après trois sets pourrait être vue comme un signe de progrès.

Un titre quasiment obligatoire

Avec l'absence de son grand rival Carlos Alcaraz, blessé, Sinner aborde ce tournoi londonien en position de favori écrasant. Le quadruple vainqueur en Grand Chelem porte sur ses épaules l'attente de confirmer sa domination sur le circuit. Défendre sa couronne à Wimbledon est considéré comme une étape presque obligatoire dans sa quête de leadership, d'autant que la concurrence semble moins tranchée que les années précédentes.

Pour l'instant, l'Italien s'en sort, mais son entrée en matière laisse entrevoir des fragilités. S'il parvient à gommer les sautes de concentration et à maintenir un niveau physique irréprochable, il devrait franchir les tours suivants. Mais la marge est mince, et ses adversaires potentiels ne manqueront pas d'exploiter la moindre faille. Le chemin vers un deuxième titre à Wimbledon s'annonce semé d'embûches, mais Jannik Sinner a prouvé qu'il savait encore gagner lorsqu'il est dos au mur.