Le Parti démocrate du Maine est désormais engagé dans une procédure accélérée pour choisir un nouveau candidat à l'élection sénatorial américaine, après le retrait de Graham Platner sous la pression de son propre camp. Ce dernier, qui était parvenu à susciter un fort engouement avec un programme progressiste, a quitté la course à la suite d'une accusation de viol qu'il conteste. La convention de nomination se tiendra le samedi 25 juillet à Bangor, soit deux jours avant la date limite du 27 juillet fixée par l'État pour désigner un·e candidat·e.

Un processus de sélection sous haute tension

Pour se qualifier, les aspirant·e·s doivent déclarer leur intention de se présenter avant le mercredi 22 juillet et remettre 500 signatures, dont au moins 50 provenant de huit comtés différents, avant le 21 juillet. La direction du parti exige également la soumission de déclarations écrites détaillant « comment leur campagne continuera à soutenir et à construire sur l'énergie et le mouvement populaires existant actuellement dans le Maine », selon les termes d'un communiqué officiel. Au total, 601 délégué·e·s participeront à la convention : 101 membres du comité d'État et 500 autres choisis au niveau des comtés. Avant le rassemblement, les candidat·e·s seront autorisé·e·s à faire campagne directement auprès de ces délégué·e·s.

Un champ de candidat·e·s déjà fourni

Plusieurs personnalités politiques se sont déjà déclarées ou sont considérées comme des concurrentes sérieuses. Parmi elles, Troy Jackson, figure progressiste et ancien président du Sénat de l'État de 2018 à 2024, qui a soutenu M. Platner avant son retrait et s'est présenté au poste de gouverneur cette année, terminant troisième à la primaire à vote unique transférable. Nirav Shah, ancien directeur de l'agence de santé publique du Maine, également candidat à la primaire pour le poste de gouverneur, est arrivé deuxième malgré le plus grand nombre de votes de premier choix. Shenna Bellows, secrétaire d'État du Maine, connue sur le plan national pour avoir tenté d'exclure Donald Trump du bulletin de vote de la primaire présidentielle de l'État en 2023 en raison de son rôle dans l'attaque du Capitole du 6 janvier 2021, est également candidate. Elle aussi s'était présentée au poste de gouverneur. Jordan Wood, ancien chef de cabinet de l'ancienne représentante Katie Porter de Californie, qui s'était initialement présenté à la primaire sénatoriale démocrate avant de se lancer dans la primaire pour remplacer le représentant Jared Golden dans le deuxième district du Congrès du Maine, termine troisième dans ce scrutin. Paige Loud, une travailleuse sociale de 29 ans, candidate dans la même primaire pour le deuxième district, et Dan Kleban, propriétaire de brasserie et auteur d'une lettre d'information Substack, qui s'était brièvement présenté à la primaire sénatoriale avant de se retirer, sont également en lice. Enfin, David Costello, consultant en politique environnementale originaire de Bangor, qui a obtenu 8 % des voix à la primaire sénatoriale démocrate de juin, complète la liste des candidat·e·s.

Un électorat en recherche de repères

Le retrait de Graham Platner a laissé ses soutiens désemparés. De nombreux électeurs et électrices, qui s'étaient fortement mobilisé·e·s pour sa campagne progressiste, se demandent quel candidat ou candidate pourra incarner les mêmes idées et maintenir la dynamique de terrain. Le parti doit désormais à la fois trouver un remplaçant capable de rivaliser avec la sénatrice républicaine sortante Susan Collins, et retenir une base électorale fragilisée par ce départ brutal.

Des implications nationales

Cette course est considérée comme l'une des plus disputées pour le contrôle du Sénat américain. La sénatrice Susan Collins, républicaine modérée et figure centrale de l'État depuis des décennies, est perçue comme vulnérable dans un contexte politique national tendu. Le nouveau ou la nouvelle candidate démocrate devra rapidement rassembler au-delà de sa base pour espérer l'emporter en novembre.