Le scandale qui secoue l'établissement catholique Notre-Dame de Bétharram prend une nouvelle dimension avec la publication d'estimations chiffrées par l'Institut Louis Joinet (IFDJ). Selon cette organisation, entre 700 et 1 500 anciens élèves pourraient avoir été victimes de violences dans le cadre de l'affaire de violences sexuelles qui touche ce pensionnat.
Ces projections, élaborées à partir de plusieurs analyses statistiques, constituent un « ordre de grandeur » et non un décompte exact des plaintes déposées. L'IFDJ a lui-même mis en garde contre une lecture trop hâtive de ces données, précisant qu'elles doivent être « interprétées avec une extrême prudence ». L'institut souligne que les méthodes employées reposent sur des extrapolations qui ne sauraient se substituer aux investigations judiciaires.
L'estimation de l'IFDJ intervient alors que l'affaire Bétharram fait l'objet d'une attention médiatique et judiciaire croissante. Les chiffres avancés suggèrent que le nombre de personnes ayant subi des sévices au sein de cet établissement pourrait être bien supérieur au nombre de signalements officiels enregistrés à ce jour. L'ONG insiste toutefois sur le caractère probabiliste de ses résultats, appelant à ne pas les considérer comme une évaluation définitive.
Ces projections pourraient aider à orienter le travail des enquêteurs et des associations d'aide aux victimes, en donnant une idée de l'ampleur potentielle du phénomène. L'Institut Louis Joinet, qui œuvre dans le domaine de la justice transitionnelle et des droits humains, a choisi de rendre publics ces chiffres dans un souci de transparence et pour encourager les personnes concernées à se manifester.
L'affaire Notre-Dame de Bétharram, qui a éclaté après plusieurs témoignages d'anciens élèves, met en cause des religieux et des employés de l'établissement pour des faits de violences physiques, psychologiques et sexuelles commis sur plusieurs décennies. Les projections de l'IFDJ donnent une mesure, toute indicative, de l'étendue possible des souffrances endurées par les pensionnaires.