Une affaire qui débute par des aveux troublants
Carmen Enciso, ancienne boulangère de Cassagnes, est jugée depuis ce mardi 3 juin devant la cour d’assises des Pyrénées-Orientales, à Perpignan. Elle répond du meurtre de François Vigouroux, son compagnon âgé de 57 ans, dont le corps n’a jamais été retrouvé. Les faits se seraient déroulés en 2022 à Ille-sur-Têt, dans le département.
D’après les éléments recueillis au cours de l’enquête, la sexagénaire a d’abord reconnu avoir tué François Vigouroux à l’aide d’une hachette, avant de découper son corps pour le faire disparaître. Ce premier récit, livré aux enquêteurs, a rapidement cédé la place à des versions ultérieures jugées « rocambolesques » par les magistrats instructeurs. Ces revirements ont déconcerté les investigations tout au long de la procédure.
Un procès attendu pour faire la lumière
L’audience, programmée du 3 au 5 juin, doit permettre à la cour de démêler les multiples déclarations de l’accusée. Celle-ci, âgée de 61 ans au moment des faits, n’a cessé d’alimenter la confusion en proposant des scénarios changeants sur les circonstances de la mort de son conjoint. Les experts psychiatriques qui l’ont examinée ont relevé des traits de personnalité complexes, sans qu’un trouble mental abolissant son discernement ait été formellement retenu.
La défense de Carmen Enciso devrait plaider l’altération du jugement au moment des faits, tandis que les parties civiles espèrent obtenir des éclaircissements sur le sort réservé à la dépouille de François Vigouroux, jamais localisée malgré les recherches.
Un fait divers qui avait marqué les esprits
Surnommée « la boulangère de Cassagnes » par la presse locale au début de l’affaire, Carmen Enciso était connue dans sa commune pour son activité professionnelle. La disparition de son compagnon avait suscité l’inquiétude de ses proches avant que les investigations ne mènent jusqu’à elle.
Le parquet de Perpignan avait ouvert une information judiciaire pour homicide volontaire après la découverte d’éléments matériels dans le domicile du couple, notamment des traces de sang et une hachette. L’absence de corps n’a pas empêché la mise en examen de l’accusée, les indices étant jugés suffisamment concordants.
Des enjeux juridiques et scientifiques
Ce dossier illustre les difficultés que rencontrent les cours d’assises lorsqu’elles doivent juger une affaire de « sans cadavre ». Les experts légistes et les enquêteurs ont dû s’appuyer sur des analyses ADN, des reconstitutions et des témoignages pour reconstituer la chaîne des événements. La fiabilité des aveux initiaux de l’accusée, puis leur rétractation, sera au cœur des débats.
Le verdict est attendu d’ici la fin de la semaine. Carmen Enciso encourt la réclusion criminelle à perpétuité si elle est reconnue coupable de meurtre précédé d’un autre crime ou délit, ou une peine moindre selon la qualification retenue par la cour.