Un procès hors norme s’ouvre ce mardi à Perpignan. Carmen Enciso, 61 ans, est jugée jusqu’à jeudi par la cour d’assises des Pyrénées-Orientales pour le meurtre de son compagnon, François Vigouroux, âgé de 57 ans au moment des faits. Les faits se sont déroulés en 2022 à Ille-sur-Têt, une commune du département. La mise en cause, surnommée dans la presse locale « la boulangère de Cassagnes », a d’abord avoué avoir démembré la victime à l’aide d’une hachette, avant de multiplier les versions rocambolesques, selon les éléments transmis aux enquêteurs.

L’affaire avait suscité une vive émotion dans la région. François Vigouroux avait disparu pendant plusieurs semaines avant que son corps ne soit retrouvé en morceaux. Les investigations ont rapidement conduit à Carmen Enciso, qui vivait avec lui. Interpellée, elle aurait reconnu les faits dans un premier temps, décrivant précisément le découpage du corps à la hachette. Mais par la suite, elle a présenté plusieurs scénarios alternatifs, semant le trouble chez les enquêteurs.

Des déclarations contradictoires Au cours de l’instruction, Carmen Enciso n’a cessé de modifier sa version. Tantôt elle affirme avoir agi seule, tantôt elle évoque l’intervention d’un tiers. Parfois, elle minimise son rôle, parlant d’un accident. Ces revirements ont compliqué le travail des experts psychiatriques, qui ont relevé une personnalité complexe. Les audiences devront déterminer si la préméditation peut être retenue.

Le déroulement du procès Le procès, prévu sur trois jours, doit entendre les témoins, les experts et les proches des deux parties. La défense, assurée par un avocat pénaliste, n’a pas encore dévoilé sa stratégie. L’accusation, elle, s’appuie sur les premiers aveux et les éléments matériels retrouvés sur la scène de crime. La cour d’assises devra trancher entre la version de l’accusée et les conclusions de l’enquête.

Un parcours trouble Avant ce drame, Carmen Enciso était connue dans son village pour tenir une boulangerie. Rien dans son passé ne laissait présager un tel passage à l’acte, selon les témoignages recueillis. Son entourage la décrit comme une femme discrète, parfois renfermée. Les enquêteurs ont toutefois découvert des tensions dans le couple, sans pouvoir établir avec certitude le mobile du crime. La question de la préméditation reste centrale : l’accusée a-t-elle prémédité son geste ou a-t-elle agi sous le coup d’une impulsivité ?

Un verdict attendu Le verdict est attendu d’ici la fin de la semaine. Si elle est reconnue coupable, Carmen Enciso encourt la réclusion criminelle à perpétuité. L’affaire, par sa dimension sordide et les contradictions de la mise en cause, continue de captiver l’opinion locale.