Justice. Le parquet a officiellement demandé la tenue d’un procès à l’encontre de trois personnes physiques dans le cadre de l’enquête sur le vaste trafic de corps découvert dans les locaux de l’ancienne université Paris-Descartes. Selon des éléments recueillis par les magistrats instructeurs, ces trois individus sont suspectés d’avoir participé à un système d’exploitation illicite des dépouilles confiées à l’institution dans le cadre du programme de don du corps à la science.

Absence de charges contre l’institution. En revanche, le parquet n’a pas requis de renvoi en correctionnelle pour l’ex-université Paris-Descartes elle-même, estimant que les éléments recueillis ne permettaient pas d’engager la responsabilité pénale de la personne morale. Cette décision a suscité des réactions contrastées, certains associations de familles de défunts dénonçant une « impunité » de l’ancienne direction.

Un scandale aux proportions inédites. L’affaire avait éclaté après la découverte, en 2021, de centaines de corps entreposés dans des conditions indignes dans les sous‑sols et les locaux de l’ex-université, alors située rue des Saints-Pères à Paris. Les enquêteurs avaient mis au jour un système où des corps destinés à la recherche médicale étaient revendus à des fins commerciales, ou conservés au‑delà des délais légaux sans information des familles. Le site avait été qualifié de « charnier » par les premiers témoins.

Trois profils distincts. Les mis en cause sont un ancien responsable du service des dons de corps, un intermédiaire privé et un agent funéraire. Ils devront répondre, devant le tribunal correctionnel, de chefs de violation de sépulture, escroquerie et complicité de ces délits. La date du procès n’est pas encore fixée.

Réactions et suites. Plusieurs familles de donateurs se sont constituées parties civiles. Le parquet a précisé que l’enquête se poursuit pour déterminer d’éventuelles complicités ou bénéficiaires occultes. De leur côté, les avocats des prévenus contestent les charges et plaident une absence d’intention frauduleuse.

Contexte. L’université Paris-Descartes a fusionné en 2019 avec l’université Paris-V pour former l’actuelle université Paris-Cité. Depuis la révélation de l’affaire, l’établissement a profondément réformé son dispositif de contrôle des dons de corps et mis en place un suivi éthique renforcé.