Cédric Jubillar, condamné l’an dernier à trente ans de réclusion criminelle pour le meurtre de son épouse Delphine, a reconnu les faits dans une lettre adressée à son avocat. L’information, rendue publique ce lundi 6 juillet, constitue un rebondissement majeur dans une affaire qui n’a cessé de captiver l’opinion depuis la disparition de la jeune femme en décembre 2020.

Le courrier, dont le contenu n’a pas été divulgué dans le détail, a été remis par le détenu à son conseil. Ce dernier en a informé les autorités judiciaires. Aucune précision n’a été fournie sur les circonstances exactes du passage à l’acte ni sur le lieu où pourrait se trouver le corps de la victime.

Un procès marathon et une condamnation sans appel

L’ancien peintre en bâtiment avait toujours nié toute responsabilité dans la disparition de son épouse, infirmière de 33 ans et mère de leurs deux enfants. Son procès, qui s’est tenu en septembre et octobre 2025 devant la cour d’assises du Tarn, avait duré quatre semaines. À l’issue des débats, les jurés l’avaient déclaré coupable de meurtre par conjoint et condamné à trente ans de réclusion criminelle, une peine assortie d’une période de sûreté.

« Cédric Jubillar s’est lui-même condamné à être condamné », avait alors résumé un observateur du procès, soulignant l’absence de remords et l’attitude autocentrée de l’accusé tout au long des audiences. La défense avait immédiatement fait appel de la décision.

Un rebondissement qui relance l’enquête

Ces aveux pourraient avoir des conséquences judiciaires importantes. Ils interviennent alors que le corps de Delphine Jubillar, disparue dans la nuit du 15 au 16 décembre 2020 à Cagnac-les-Mines (Tarn), n’a jamais été retrouvé. L’avocat de la famille de la victime avait régulièrement demandé à l’accusé de révéler l’emplacement de la dépouille, afin que ses proches puissent faire leur deuil.

« Il doit nous indiquer où se trouve la dépouille », avait-il martelé après le verdict. La lettre de Cédric Jubillar pourrait désormais permettre de lever ce dernier mystère, même si aucune information n’a encore filtré sur ce point.

Un long déni brisé

Pendant des années, Cédric Jubillar a maintenu son innocence. Dès les premières heures de l’enquête, son comportement avait été jugé troublant par les gendarmes. Placé en garde à vue puis mis en examen en 2021, il n’avait cessé de clamer qu’il n’avait « absolument rien fait à Delphine », y compris lors de ses dernières déclarations avant le verdict.

Sa mère elle-même avait confié, en marge du procès, que son fils « n’avouerait jamais les faits ». Cette prédiction est aujourd’hui contredite. Les motivations de ce revirement restent obscures : pression psychologique de l’incarcération, volonté de préparer un nouveau procès, ou simple besoin de soulager sa conscience.

Quelles suites judiciaires ?

La reconnaissance écrite du meurtre pourrait influencer la procédure d’appel en cours. La défense de Cédric Jubillar n’a pas encore communiqué officiellement sur la teneur de la lettre ni sur les intentions de son client. Les avocats des parties civiles ont quant à eux salué cette avancée, tout en appelant à la prudence tant que les autorités n’auront pas vérifié l’authenticité et la portée des aveux.

L’affaire Jubillar, qui a suscité une intense couverture médiatique et plusieurs manifestations de soutien à Delphine, connaît ainsi un nouveau chapitre. Reste à savoir si cette confession permettra enfin de retrouver ses restes et de clore, pour ses proches, une attente longue de près de six ans.