Un nouveau prétendant pour Exail
Thales a officialisé ce lundi 6 juillet l’ouverture de négociations exclusives en vue du rachat d’Exail, le spécialiste français des drones marins. Cette annonce intervient après l’échec des discussions entamées par Safran fin juin, qui visaient également une acquisition complète de la pépite technologique. Selon les termes de l’accord, Thales prévoit de reprendre l’intégralité du capital d’Exail, dont le montant de la transaction n’a pas été divulgué.
De la start-up familiale au champion des drones navals
Exail a été bâtie par la famille Gorgé, qui en a fait un acteur incontournable des drones sous-marins et de surface. La société, basée à La Ciotat, conçoit des systèmes autonomes utilisés pour la surveillance maritime, la lutte antimines et les missions océanographiques. Ces dernières années, elle a multiplié les contrats avec les marines française et étrangères, attirant l’attention des grands industriels de la défense.
Safran échoue, Thales saisit l’opportunité
Les négociations entre Safran et la famille Gorgé ont achoppé sur des désaccords stratégiques et financiers, selon des sources proches du dossier. Safran, qui convoitait Exail pour renforcer sa division drone, n’est pas parvenu à conclure un accord. Thales, déjà présent dans le naval militaire avec ses sonars et systèmes de combat, voit dans Exail un complément naturel à son offre et une porte d’entrée sur le marché en pleine expansion des drones marins.
Un secteur en pleine consolidation
Ce rachat potentiel s’inscrit dans un mouvement plus large de consolidation du secteur de la défense, où les drones navals sont devenus un enjeu stratégique. La guerre en Ukraine et les tensions en mer de Chine ont accéléré les investissements des États dans ces technologies. Thales, qui rivalise avec Naval Group et Safran, cherche à capter une part de ce marché estimé à plusieurs milliards d’euros.
Prochaines étapes
Les deux parties ont désormais une période d’exclusivité pour finaliser l’accord, qui devra encore recevoir l’approbation des autorités de la concurrence. La famille Gorgé, qui reste actionnaire de référence, pourrait conserver une participation minoritaire ou réinvestir dans une nouvelle structure. L’État français, actionnaire de Thales, suit de près le dossier, qui renforce la souveraineté nationale dans le domaine des drones.