Une décision qualifiée d'« historique »
La Cour de révision a annulé, ce jeudi 2 juillet, la condamnation de Dany Leprince pour le quadruple meurtre commis le 4 septembre 1994 à Thorigné-sur-Dué (Sarthe). L'affaire, qui défraya la chronique pendant des années, connaît ainsi un rebondissement majeur : un nouveau procès devant une cour d'assises a été ordonné. La décision de la plus haute instance judiciaire en matière de révision des condamnations pénales est exceptionnelle, puisque seule une douzaine de procédures de ce type ont abouti en France depuis 1945.
Condamné en 1997 à la réclusion criminelle à perpétuité pour le meurtre de son frère Christian, de la femme de celui-ci, Brigitte, et de deux de leurs enfants, âgés de 7 et 10 ans, Dany Leprince a toujours nié les faits. Il purgeait sa peine depuis près de 30 ans. Son surnom infamant de « boucher de la Sarthe », qui lui avait été accolé par la presse, semblait désormais devoir être abandonné, comme l'a souligné son avocat après l'audience.
« Le château de cartes de l'accusation s'effondre »
Pour la défense, les éléments qui ont conduit à cette révision étaient attendus. « Le château de cartes qui constituait l'accusation s'effondre totalement », a déclaré le conseil de Dany Leprince, assurant que la procédure à venir aboutirait à « l'acquittement ». Il a également estimé que l'image de son client était désormais réhabilitée : « Il n'y a plus de boucher de la Sarthe ».
Dany Leprince lui-même a exprimé son émotion après l'annonce de la décision. « Il faut que la vérité éclate », a-t-il lancé, visiblement bouleversé, alors que la Cour de révision a reconnu l'existence de faits nouveaux de nature à faire naître un doute sérieux sur sa culpabilité. Ces éléments, dont la nature précise n'a pas été divulguée, auraient été déterminants dans la décision des magistrats.
Un rebondissement judiciaire rare
La révision d'une condamnation criminelle est un processus juridique particulièrement complexe et rare en France. Les juges de la Cour de révision, siégeant à la Cour de cassation, ont estimé que les charges retenues contre Dany Leprince lors de son procès initial ne pouvaient plus être considérées comme suffisantes pour le maintenir en détention. L'homme va donc retrouver la liberté dans l'attente de son nouveau procès, dont la date n'a pas encore été fixée.
L'affaire, qui avait profondément marqué la région sarthoise, est relancée. Les parties civiles, qui n'ont pas encore réagi publiquement, devront se préparer à une nouvelle audience. Pour les proches des victimes, cette annulation rouvre des plaies jamais refermées, mais elle répond aussi à des demandes récurrentes de réexamen de la procédure initiale, critiquée par de nombreux observateurs judiciaires.
Les enjeux du nouveau procès
Le nouveau procès, qui se déroulera devant une cour d'assises, devra déterminer si Dany Leprince est finalement innocent des meurtres pour lesquels il a été condamné. La défense entend désormais prouver qu'il n'a jamais été l'auteur de ces crimes et obtenir un verdict d'acquittement. L'issue de cette affaire est suivie de près par les acteurs de la révision judiciaire en France, dans un contexte où les demandes de réexamen d'affaires anciennes se multiplient. La date du procès n'est pas encore connue, mais il devrait se tenir dans les prochains mois.