La course à l'Élysée suscite des tensions au sein de la droite française. Laurent Wauquiez, figure influente des Républicains, a estimé que Bruno Retailleau, candidat officiel du parti, doit « savoir se retirer si c'est nécessaire » face à des intentions de vote jugées insuffisantes.
Dans des propos rapportés ce mercredi, l'ancien président du parti a déclaré : « Le candidat LR est en dessous de 10 % ». Ce constat, selon lui, impose une réflexion sur la suite de la campagne. Sans appeler explicitement au retrait immédiat de Bruno Retailleau, Laurent Wauquiez a posé des conditions claires : le candidat doit être en mesure de reconnaître quand sa place n'est plus justifiée.
Un appel à l'union autour d'Édouard Philippe
Parallèlement à cette mise en garde, Laurent Wauquiez a ouvertement tendu la main à Édouard Philippe, ancien Premier ministre et fondateur du parti Horizons. Cette proposition d'alliance vise à rassembler les droites et le centre autour d'une candidature unique, susceptible de peser face aux autres forces politiques. En évoquant le nom d'Édouard Philippe, Wauquiez suggère que ce dernier pourrait incarner une alternative crédible à Bruno Retailleau si la dynamique électorale ne s'améliore pas.
Cette prise de position intervient alors que la campagne présidentielle de 2027 entre dans une phase décisive. Les derniers sondages placent Bruno Retailleau dans une position délicate, loin du haut de tableau. Ses adversaires internes, et notamment Laurent Wauquiez, estiment que le parti doit maximiser ses chances en présentant un candidat capable de rassembler au-delà de l'appareil des Républicains.
Les Républicains en quête d'un second souffle
Le parti Les Républicains, qui a connu plusieurs revers électoraux ces dernières années, peine à trouver une dynamique claire. La candidature de Bruno Retailleau, portée sur des thèmes sécuritaires et identitaires, n'a pour l'instant pas réussi à inverser la tendance dans les enquêtes d'opinion. Les déclarations de Laurent Wauquiez reflètent les inquiétudes d'une partie de l'état-major du parti.
Pour l'heure, Bruno Retailleau n'a pas réagi publiquement à ces critiques. Sa campagne continue de miser sur un discours ferme en matière de justice, d'immigration et de souveraineté, qu'il a détaillé lors de son premier meeting au Parc floral de Paris. La présence de l'écrivain Boualem Sansal à ses côtés avait également marqué les esprits.
Quelle issue pour la droite ?
En jouant la carte Édouard Philippe, Laurent Wauquiez cherche peut-être à repositionner les Républicains dans une configuration plus large, à l'image des alliances qui ont permis à Emmanuel Macron d'émerger en 2017. L'ancien Premier ministre, populaire dans les sondages, pourrait incarner une candidature de rassemblement allant de la droite modérée au centre. Toutefois, Édouard Philippe n'a pas encore officialisé ses intentions, même s'il multiplie les déplacements et les signaux politiques.
La pression monte donc sur Bruno Retailleau, contraint de démontrer dans les prochaines semaines qu'il peut inverser la tendance. Faute de quoi, les appels à son retrait pourraient se multiplier au sein même de son camp.