Les tensions internes aux Républicains s’accentuent à l’approche de la présidentielle de 2027. Laurent Wauquiez, figure influente du parti et président de la région Auvergne-Rhône-Alpes, a estimé que Bruno Retailleau, candidat déclaré, se trouve actuellement sous la barre des 10 % d’intentions de vote et doit « savoir se retirer si c’est nécessaire ». Cette déclaration, faite dans un entretien, constitue une critique directe de la stratégie du candidat désigné par le parti.
Un verdict sévère sur les sondages
Interrogé sur la dynamique de campagne de Bruno Retailleau, Laurent Wauquiez a livré une appréciation sans concession. « Le candidat LR est en dessous de 10 % », a-t-il affirmé, reprenant des chiffres de sondages récents. Selon lui, un tel niveau oblige à « savoir se retirer si c’est nécessaire », une formule qui laisse entendre que la poursuite de la candidature pourrait nuire aux chances de la droite de peser dans le scrutin. Wauquiez n’a pas précisé de seuil ou de date butoir, mais son ton suggère une impatience croissante face à la stagnation du candidat.
Une main tendue à Édouard Philippe
Dans le même temps, Laurent Wauquiez a ouvertement tendu la main à Édouard Philippe, l’ancien Premier ministre et fondateur du parti Horizons, en vue de la présidentielle. Il a estimé qu’une union des forces modérées et de la droite serait nécessaire pour l’emporter. Cette orientation contredit la ligne de Bruno Retailleau, qui mène une campagne plus radicale sur les thèmes de la sécurité et de la justice. Wauquiez semble ainsi plaider pour un rassemblement autour d’une figure perçue comme plus centriste et plus susceptible de rassembler au-delà du seul électorat LR.
Des divisions qui s’exposent
Ces propos interviennent alors que Bruno Retailleau tente de consolider son leadership, notamment à travers des meetings et une stratégie de recentrage à droite. Plusieurs cadres du parti avaient déjà décliné son invitation pour son premier meeting au Parc floral, et les critiques de Wauquiez amplifient le sentiment de fragilité de sa candidature. La question d’une éventuelle fusion ou d’un retrait au profit d’Édouard Philippe n’est pas officiellement à l’ordre du jour, mais les appels à une « candidature unique » de la droite et du centre se multiplient.
Les réactions attendues
Pour l’heure, l’équipe de Bruno Retailleau n’a pas encore réagi publiquement aux déclarations de Laurent Wauquiez. Le candidat LR continue de marteler son programme axé sur la « justice intraitable » et la lutte contre l’antisémitisme, qu’il avait développé lors de son premier meeting. Le vote des militants et les prochains sondages pourraient toutefois contraindre le parti à trancher entre maintien et rassemblement. Les prochaines semaines seront décisives pour l’unité des Républicains.