Le choc du prochain tour de la Coupe du monde 2026 entre l'Angleterre et le Mexique, programmé dimanche à Mexico, est précédé d'une inquiétude presque aussi commentée que la forme des deux équipes : l'altitude du stade Azteca. Situé à 2 240 mètres au-dessus du niveau de la mer, cet écrin de 80 000 places, le plus vaste d'Amérique latine, impose aux visiteurs une adaptation physiologique redoutable.

« Vous ne pouvez pas reprendre votre souffle », résume un observateur, tandis qu'un ancien capitaine de la sélection mexicaine, Pavel Pardo, prévient : « En tant qu'adversaire, vous savez qu'en y allant, vous allez souffrir. » La pression barométrique plus faible à cette altitude rend l'air moins dense, ce qui réduit la quantité d'oxygène acheminée dans le sang à chaque inspiration. Pour un joueur de football, les conséquences sont directes : accélération du rythme cardiaque, essoufflement, déshydratation et fatigue plus rapide et plus intense.

Un contraste saisissant avec les terrains anglais

L'écart est vertigineux par rapport aux habitudes des joueurs évoluant en Angleterre. Le stade le plus haut perché du championnat professionnel anglais est The Hawthorns, antre de West Bromwich Albion, qui culmine à seulement 168 mètres, soit quatorze fois moins que l'enceinte mexicaine. Les Three Lions n'ont plus foulé la pelouse de l'Azteca depuis leur quart de finale controversé perdu contre l'Argentine lors du Mondial 1986.

Mexique, maître chez lui

De l'autre côté, le Mexique bénéficie d'une acclimatation totale. La sélection a joué l'intégralité de ses rencontres du tournoi à domicile et connaît parfaitement les contraintes locales. Depuis le début des années 2020, les hommes d'El Tri ont disputé quatorze matchs à l'Azteca, pour vingt-trois buts marqués et seulement quatre encaissés. Leur bilan compétitif dans ce stade est impressionnant : soixante-dix victoires, dix-sept nuls et deux seules défaites en quatre-vingt-neuf rencontres. Ils restent par ailleurs invaincus en dix rencontres de Coupe du monde disputées dans cette enceinte. Les deux revers subis depuis l'inauguration en 1966 remontent à 2001 contre le Costa Rica et 2013 face au Honduras.

Le coup d'envoi maintenu, malgré la météo

Alors que des orages et des risques d'inondation étaient annoncés sur Mexico, l'instance dirigeante du football mondial a envisagé de décaler le coup d'envoi de 18 heures à midi, heure locale. Cette modification aurait également entraîné le report de la rencontre Brésil-Norvège dans la région de New York/New Jersey. La Fédération a finalement décidé de maintenir le programme initial, la rencontre débutant donc à 18 heures dimanche à Mexico (une heure du matin lundi à Londres).

Stratégies d'adaptation

Face à ce défi, les équipes techniques élaborent des protocoles spécifiques. L'hydratation renforcée, des pauses plus fréquentes et une gestion minutieuse de l'effort sont autant de leviers pour limiter l'impact de l'altitude. Certaines sélections ont recours à des entraînements en chambre hypoxique ou à des stages en altitude en amont des compétitions. L'enjeu pour l'Angleterre sera d'atteindre la seconde période sans avoir épuisé ses réserves, face à un adversaire qui, lui, évolue dans un environnement familier.

Un piège historique

L'Azteca n'est pas seulement un piège physiologique : c'est un lieu chargé d'histoire. Théâtre des finales des Coupes du monde 1970 et 1986, il a vu le Mexique bâtir une réputation de forteresse imprenable. Pour l'Angleterre, ce huitième de finale représente donc un défi à multiples facettes, où l'air raréfié pourrait bien peser aussi lourd que le talent des attaquants mexicains.