Le stade Azteca de Mexico, théâtre de tant d'exploits, a vécu un nouveau chapitre de sa légende ce dimanche. L'Angleterre, réduite à dix joueurs, a su résister à la pression d'un public survolté et à l'altitude pour dominer le Mexique (3-2) et valider son billet pour les quarts de finale de la Coupe du Monde 2026. Ce succès, acquis au terme d'un scénario rocambolesque, confirme la montée en puissance des hommes de Thomas Tuchel.
Un doublé éclair de Bellingham Le début de rencontre a été perturbé par un orage violent qui a frappé la capitale mexicaine pendant des heures, reportant d'une heure le coup d'envoi prévu à 18h00 (00h00 GMT). Mais une fois la pelouse balayée, ce sont bien les Anglais qui ont frappé les premiers. Jude Bellingham, déjà auteur d'un match solide, a débloqué la situation en reprenant de la tête un centre de Bukayo Saka. Ce but était le premier encaissé par le Mexique en cinq matches de Coupe du Monde. Le joueur vedette de l'Angleterre a alors doublé la mise 98 secondes plus tard, infligeant un coup de massue à une sélection mexicaine qui restait sur un succès historique en huitièmes de finale contre l'Équateur (2-0).
Un penalty de Kane et l'héroïsme en infériorité numérique La première mi-temps a tourné à la démonstration anglaise lorsque Julian Quiñones a réduit le score pour le Mexique. Mais les Three Lions ont immédiatement répliqué. Après une faute dans la surface, Harry Kane s'est présenté au point de penalty et a transformé l'offrande, redonnant deux buts d'avance à son équipe. Cependant, le tournant du match est survenu en seconde période. Le défenseur Jarell Quansah, contraint de suppléer Reece James au poste d'arrière droit, a été expulsé, laissant l'Angleterre à dix contre onze. Le Mexique a alors poussé, et Raúl Jiménez a profité d'une action confuse pour réduire à nouveau l'écart. Mais la défense anglaise, menée par un Jordan Pickford décisif — lequel avait déjà sauvé une tête de Jimenez en début de match — a tenu bon, offrant à l'Angleterre une place en quarts de finale.
Une performance qui efface les vieux démons Au-delà de la qualification, ce succès à l'Azteca revêt une dimension historique pour l'Angleterre. Sur cette pelouse, les souvenirs sont douloureux : en 1986, Diego Maradona y avait inscrit un doublé pour l'Argentine, dont la fameuse « Main de Dieu ». La victoire de dimanche permet donc d'exorciser ce passé, même si le contexte est différent. L'Angleterre, qui n'a plus remporté de trophée majeur depuis 1966, s'offre une bouffée d'air et une démonstration de force mentale. Thomas Tuchel avait procédé à trois changements par rapport au match précédent contre la République démocratique du Congo, titularisant notamment Anthony Gordon et Bukayo Saka aux côtés de Jude Bellingham.
Prochain défi : la Norvège Le prochain adversaire des Anglais sera la Norvège, surprenante tombeuse du Brésil (2-1) grâce à un doublé d'Erling Haaland. Ce quart de finale promet un duel de prestige entre Bellingham et Kane d'un côté, et Haaland de l'autre. Le Mexique, de son côté, concède sa première défaite en Coupe du Monde à l'Azteca, un revers rare qui met fin à une série impressionnante de 87 matches sans défaite à domicile dans ce stade mythique. L'ambiance était électrique : plus de 80 000 spectateurs avaient pris place dans les tribunes, malgré la pluie diluvienne, pour soutenir les leurs. Le sélectionneur mexicain, Javier Aguirre, devra désormais trouver les ressorts pour rebondir après cette élimination douloureuse.