La ferveur monte d'un cran au Mexique. Après avoir écarté l'Équateur (réduit à dix) en phase de groupes, la sélection mexicaine s'est qualifiée pour les huitièmes de finale de la Coupe du monde 2026 avec un bilan parfait : quatre victoires en quatre rencontres, huit buts marqués et aucun encaissé. Un sans-faute qui n'a été réalisé jusqu'ici que par le Brésil en 1986 et l'Italie en 1990, et qui place El Tri en position de force avant d'affronter le vainqueur du duel entre l'Angleterre et la République démocratique du Congo.
Les supporters mexicains, déjà euphoriques, voient déjà plus loin. « Nous avons la chance de faire l'impossible », confiait l'un d'eux après la qualification. « L'Angleterre compte Harry Kane, favori pour le Ballon d'Or, et des joueurs comme Jude Bellingham, c'est impressionnant, mais avec notre élan, nous pouvons y croire. »
Un stade quasi imprenable
L'enceinte de l'Azteca, à Mexico, est au cœur de cette dynamique. Le stade mythique, où Diego Maradona inscrivit la légendaire « Main de Dieu » contre l'Angleterre en 1986, est une véritable forteresse. Le bilan compétitif du Mexique dans cette enceinte est éloquent : 70 victoires, 17 nuls et seulement 2 défaites en 89 rencontres. Depuis dix matches de Coupe du monde, les locaux n'y ont plus perdu.
L'altitude (2 200 mètres) constitue un désavantage majeur pour les visiteurs, comme l'a reconnu le sélectionneur anglais Thomas Tuchel. « C'est peut-être l'une des plus belles affiches, l'une des plus excitantes que l'on puisse avoir », a-t-il déclaré. « Mais il y aura beaucoup d'obstacles, sans parler de l'altitude, qui sera un gros désavantage car nous ne pouvons pas nous y adapter physiquement en quatre jours. C'est tout simplement impossible. »
Un contexte chargé d'histoire
L'Angleterre n'a plus joué de match officiel à l'Azteca depuis sa défaite en quarts de finale du Mondial 1986 contre l'Argentine, lorsque 112 000 spectateurs avaient assisté à l'un des buts les plus controversés de l'histoire du football. Le souvenir de cette défaite et l'ambiance survoltée promise par le public mexicain pèsent sur les épaules des Three Lions.
Ange Postecoglou, ancien sélectionneur de l'Australie et entraîneur de Tottenham, a souligné la difficulté qui attend les Anglais : « Toute la nation est derrière eux. Si c'est l'Angleterre qui descend au Mexique, ce sera comme entrer dans une Coupe du monde différente pour eux. »
Le parcours en dents de scie de l'Angleterre
Contrairement à leur futur adversaire, les hommes de Thomas Tuchel ont connu un parcours contrasté lors de ce Mondial : une victoire éclatante contre la Croatie, suivie d'un match nul face au Ghana, d'une victoire difficile face au Panama et d'une frayeur contre la RD Congo lors des trente-deuxièmes de finale. La sélection anglaise, pourtant considérée comme l'un des favoris de la compétition avant le début du tournoi, peine à convaincre.
Tuchel s'efforce de rester optimiste. « Plus d'obstacles peuvent arriver, mais nous sommes prêts », a-t-il assuré. « Nous avons besoin de cela. C'est peut-être la plateforme idéale pour croire sincèrement que nous sommes prêts, et que lorsque les choses deviendront difficiles, nous trouverons les réponses. »
Le choc, s'il se confirme, promet d'être l'un des temps forts de ces huitièmes de finale, sur fond de symbole historique et de rivalité sportive exacerbée.