Le week-end du 14 juin, la pelouse sud de la Maison-Blanche a été transformée en une vaste arène temporaire pour accueillir un gala inédit de l'Ultimate Fighting Championship (UFC). Cette initiative, orchestrée à l'occasion du 80e anniversaire du président Donald Trump, conjugue également le Flag Day et le lancement des célébrations du 250e anniversaire de l'indépendance américaine.
L'événement, baptisé « Freedom 250 », a nécessité la construction d'une structure métallique impressionnante de 28 mètres de haut (92 pieds) surnommée « la Griffe », pesant 600 tonnes. L'arène est installée sur le gazon qui accueille habituellement la chasse aux œufs de Pâques. Selon les organisateurs, environ 4 300 personnes sont attendues dans l'enceinte de la résidence présidentielle, tandis que 85 000 autres pourraient suivre le spectacle depuis une fan zone située à proximité.
Le président Trump a qualifié cet événement de « plus grand spectacle sur Terre » et a comparé la structure métallique à la tour Eiffel. Le secrétaire d'État Marco Rubio a salué l'UFC comme « la définition du soft power diplomatique américain » et a annoncé le lancement d'un partenariat public-privé visant à utiliser l'organisation comme outil diplomatique.
Un programme de combattants international
La carte, composée de sept combats, a été arrangée entre Donald Trump et Dana White, président de l'UFC et ami de longue date du président. Quatorze combattants sont engagés, la tête d'affiche opposant le Hispano-Géorgien Ilia Topuria à l'Américain Justin Gaethje. D'autres combattants de renom, comme Sean O'Malley et Aiemann Zahabi, ont participé aux festivités et posé devant le mémorial de Lincoln lors d'événements précédents.
L'événement est diffusé en exclusivité sur Paramount+, la plateforme dirigée par David Ellison, allié de Donald Trump. L'UFC avait signé l'année précédente un contrat de 7,7 milliards de dollars avec ce service de streaming concurrent de Netflix.
L'investissement et les enjeux pour l'UFC
L'UFC a dépensé environ 60 millions de dollars pour l'organisation de l'événement, dont 700 000 dollars réservés à la remise en état de la pelouse après les combats. L'organisation y voit un formidable levier de notoriété pour un sport autrefois marginalisé, qualifié de « combat de coqs humain » par un sénateur américain, et qui aujourd'hui s'invite au cœur du pouvoir exécutif.
Une météo menaçante
Les conditions climatiques pourraient perturber le déroulement du gala. Le début des combats est prévu à 20 heures, heure locale (minuit GMT). Le service météorologique national a émis un avertissement pour des « orages destructeurs » potentiels en soirée, avec une probabilité de précipitations de 70 % et des températures avoisinant 27 °C. L'humidité pourrait dépasser 70 %. Les organisateurs et les participants gardent donc un œil sur le ciel.
Une contestation judiciaire
L'événement a suscité une opposition judiciaire. Deux résidents de Virginie — un vétéran de la guerre du Vietnam et un militant associatif — ont intenté une action en justice, soutenue par le cabinet Public Integrity Project, dans le but d'obtenir l'annulation du gala. Le recours a finalement été rejeté, permettant la tenue de l'événement.
Un contexte diplomatique singulier
Le jour même de son anniversaire, le président Trump a également reçu des appels téléphoniques distincts du président russe Vladimir Poutine et du président ukrainien Volodymyr Zelensky, selon des informations officielles. Ces entretiens, qui portaient notamment sur le conflit en Ukraine, illustrent la dimension internationale de cette journée particulière.
La transformation de la résidence présidentielle en scène de combat de MMA constitue une première dans l'histoire des États-Unis, mêlant sport, politique et diplomatie sur un mode inédit.