Une structure métallique imposante domine désormais la pelouse sud de la Maison-Blanche. Surnommée « la Griffe » (The Claw), elle a été dévoilée ce jeudi à la presse et aux invités, à deux jours du combat de l’Ultimate Fighting Championship (UFC) qui doit s’y dérouler dimanche. L’événement, baptisé « UFC Freedom 250 », coïncide avec le 80e anniversaire du président Donald Trump et vise à lancer les célébrations du 250e anniversaire de l’indépendance américaine.

L’arène, qui pèse 600 tonnes et s’élève à 47 mètres de large pour 28 mètres de haut, dépasse en hauteur la demeure présidentielle elle-même. Selon des responsables de l’administration, ses quatre bras incurvés portent des batteries de projecteurs orientables individuellement, visibles depuis l’autre côté du Potomac, en Virginie. Des écrans géants sont suspendus à chaque extrémité, et un anneau octogonal de combat occupe le centre de l’édifice.

Le secrétaire d’État Marco Rubio a salué ce rendez-vous en le qualifiant de « cadeau au peuple américain », ajoutant qu’il serait regardé par « probablement un milliard de personnes dans le monde entier ». Rubio a parallèlement signé un accord de partenariat avec Dana White, patron de l’UFC, pour promouvoir les arts martiaux mixtes à l’international.

Un événement hors norme sur un lieu chargé d’histoire

Environ 4 000 spectateurs prendront place à l’intérieur de l’arène, dont plus de la moitié, selon Dana White, seront des membres des forces armées américaines. Quelque 125 000 personnes supplémentaires sont attendues sur l’Ellipse, espace vert adjacent à la Maison-Blanche, où un écran géant retransmettra le combat. Le tournoi réunira quatorze combattants de l’UFC.

La pelouse sud de la Maison-Blanche a déjà accueilli des moments historiques, comme la signature des accords de paix d’Oslo en 1993 sous Bill Clinton ou le dernier adieu de Richard Nixon. Jamais pourtant un événement sportif de cette nature ne s’y était tenu. Le président Trump lui-même a évoqué la possibilité que la structure reste en place de façon permanente, comparant son édifice à la tour Eiffel conservée après l’Exposition universelle de 1889 — suggestion rejetée par l’administration dans un document judiciaire, qui précise que « la Griffe sera démontée immédiatement après la fin de l’événement ».

Critiques et contestations judiciaires

Le coût du tournoi, estimé à 60 millions de dollars, a été pris en charge par l’UFC, selon les déclarations présidentielles. Mais l’organisation de ce combat sur le terrain de la résidence officielle a suscité des critiques. Un recours en justice a été déposé pour tenter d’empêcher sa tenue, arguant d’un usage inapproprié du domaine public au profit des alliés du président. La Maison-Blanche a rejeté ces allégations dans une réponse écrite au tribunal.

Des voix dénoncent par ailleurs le caractère décalé de l’événement dans un contexte de guerre avec l’Iran et de hausse du coût de la vie aux États-Unis. L’inflation américaine a récemment atteint un pic de trois ans, selon les données officielles.

Une démonstration de force et de style

Pour Peter Loge, directeur de l’École des médias de l’Université George Washington, cette mise en scène s’inscrit dans la continuité de la personnalité publique du président. « Donald Trump a construit une persona publique tout au long de sa vie en donnant le Donald Trump Show. C’est bruyant, clinquant, tape-à-l’œil : c’est ce que c’est », a-t-il commenté. Selon lui, ce spectacle de « gladiateurs » vise à projeter, en période de chaos, une image de force et de contrôle.

Le président a pour sa part déclaré au New York Post que les combattants sont « les gens les plus rugueux que vous rencontrerez jamais » et que « si vous n’en avez pas beaucoup vu, vous n’allez pas le croire ».

La démonstration de force du week-end, à la fois personnelle et politique, promet de marquer les esprits bien au-delà de l’enceinte présidentielle.