L’armée de l’air, l’armée de terre et la marine américaines ont rétabli l’obligation de vaccination contre la grippe pour leurs recrues, après qu’une épidémie a rapidement traversé la base aérienne de Lackland, au Texas. Selon les derniers bilans, plus de 220 militaires ont été contaminés et quatre ont été hospitalisés. Un jeune soldat en sixième semaine d’entraînement, Keon McDaniel, est décédé le 12 juin après avoir été pris d’un malaise. Les autorités n’ont pas encore déterminé si ce décès est lié à l’épidémie de grippe ; une enquête médicale approfondie est en cours.

Le secrétaire à la Défense Pete Hegseth avait supprimé l’obligation vaccinale le 21 avril, la qualifiant de « pas rationnelle » et présentant cette décision comme un geste de « liberté » pour les militaires. Depuis cette date, seulement 40 % environ des nouvelles recrues de la base de Lackland avaient choisi de se faire vacciner, selon des responsables de l’armée de l’air.

L’épidémie, qui a débuté début juin, s’est propagée dans un centre d’entraînement où les recrues dorment en dortoirs collectifs et partagent les repas dans de grandes salles communes. Bien que la circulation du virus de la grippe soit généralement faible en été dans la population générale, la promiscuité extrême facilite une transmission rapide. La souche en cause n’a pas encore été identifiée.

Face à la situation, le Pentagone a accordé des dérogations à la politique de Hegseth pour plusieurs entités : l’armée de l’air, l’armée de terre, la marine, la National Security Agency et la Defense Health Agency. Le porte-parole Sean Parnell a indiqué que ces exceptions faisaient suite à une « évaluation approfondie des risques » et visaient à « maximiser la préparation opérationnelle, la létalité et la génération de forces, tout en protégeant les populations vulnérables ». L’armée de l’air vaccine désormais l’ensemble des recrues de la base texane. L’armée de terre prévoit d’étendre l’obligation vaccinale à d’autres groupes, notamment aux troupes se déployant à l’étranger.

L’épidémie souligne les risques sanitaires propres aux environnements militaires. Les maladies infectieuses ont historiquement constitué une menace majeure pour les armées en raison de la promiscuité et des mouvements de troupes. La décision de rendre le vaccin facultatif, prise deux mois avant l’épidémie, a été rapidement suivie d’un retour à l’obligation pour les recrues, afin de juguler la propagation et de maintenir la capacité opérationnelle des forces.