L'aventure d'Arthur Fery à Wimbledon continue de défier tous les pronostics. Le joueur de 23 ans, bénéficiaire d'une invitation (wildcard), a écarté Flavio Cobolli, tête de série numéro 9 et finaliste du dernier Roland-Garros, sur le score de 6-4, 7-6 (7-4), 6-0, mercredi après-midi sur le Court Central. Cette performance lui ouvre les portes des demi-finales, où il croisera le fer avec l'Allemand Alexander Zverev, champion en titre à Paris.

Fery devient ainsi le premier joueur invité à atteindre ce stade de la compétition dans le tableau masculin depuis Goran Ivanisevic, qui avait remporté le titre en 2001. Il n'est que le cinquième Britannique de l'ère Open à se hisser dans le dernier carré du tournoi londonien.

Une progression fulgurante

Classé au-delà du 500e rang mondial il y a seulement dix-huit mois, Fery a connu une ascension remarquable. Une blessure de stress osseux au bras avait freiné sa progression, et ce n'est qu'en octobre dernier qu'il a intégré le top 200. Aujourd'hui, sa place dans le dernier carré lui garantit un bond spectaculaire : il pointera au 36e rang mondial lundi prochain, devenant du même coup le numéro un britannique.

Son match face à Cobolli a démontré une maturité et un sang-froid rares pour un joueur si peu expérimenté à ce niveau. Après un premier set maîtrisé, il a serré le jeu dans le tie-break du deuxième avant de dérouler dans la dernière manche, infligeant un 6-0 à son adversaire. La foule, acquise à sa cause, a scandé son nom alors qu'il s'effondrait sur le gazon, conscient de l'ampleur de l'exploit.

Un gain financier considérable

Outre le prestige, ce parcours rapporte gros. La qualification pour les demi-finales assure à Fery un chèque de 900 000 livres sterling, soit plus que le total cumulé de ses gains en carrière jusqu'alors (environ 650 000 livres).

Prochain défi : Alexander Zverev

Vendredi, Fery défiera Alexander Zverev, vainqueur de Roland-Garros quelques semaines plus tôt. L'Allemand, numéro 2 mondial, partira logiquement favori, mais le Britannique, porté par la confiance et le soutien du public, n'a rien à perdre. « C'est surréaliste », a-t-il déclaré après le match, encore sous le choc. « Je vais juste essayer de profiter de chaque instant sur le court. »

Les observateurs rappellent que le précédent wildcard demi-finaliste, Goran Ivanisevic, avait lui aussi déjoué les pronostics en remportant le titre. Si l'histoire ne se répète pas forcément, Fery a déjà écrit l'une des plus belles pages du tennis britannique récent.