À Wimbledon, un visage inattendu a fait son apparition dans le dernier carré du tableau masculin. Arthur Féry, qui représente la Grande-Bretagne bien que né en France, s’est qualifié pour les demi-finales du prestigieux tournoi londonien. Il y défiera vendredi l’Allemand Alexander Zverev, récent vainqueur de Roland-Garros.
Un parcours de « wild card » historique
Âgé de 23 ans, Arthur Féry est né le 12 juillet 2002 à Sèvres, dans les Hauts-de-Seine. Sa mère, Olivia Gravereaux, est une ancienne joueuse de tennis professionnelle, et son père, Loïc Féry, préside le Football Club de Lorient. Pourtant, le jeune homme a grandi à quelques minutes du All England Club et a été scolarisé au King's College de Wimbledon, ce qui l’a naturellement conduit à choisir les couleurs britanniques sur le circuit.
« J’ai brièvement joué pour la France quand j'avais 10 ou 12 ans, a-t-il confié récemment. Puis j'ai joué la Summer Cup ou la Winter Cup pour la Grande-Bretagne. À partir de là, je ne me suis pas trop posé de questions : je vivais ici, je m'entraînais au centre national d'entraînement britannique... »
Classé 461e mondial il y a un an seulement, Féry est assuré de faire son entrée dans le Top 100 de l’ATP à l’issue du tournoi. Il est le quatrième joueur masculin invité (wild card) à atteindre les demi-finales d’un Grand Chelem, après Jimmy Connors (US Open 1991), Henri Leconte (Roland-Garros 1992) et Goran Ivanisevic.
Son parcours londonien a notamment vu des victoires de prestige : il a éliminé le Bulgare Grigor Dimitrov sur le court central, ainsi que le Finlandais Otto Virtanen et le Belge Zizou Bergs. En quarts de finale, il a de nouveau battu l’Italien Flavio Cobolli, qu’il avait déjà vaincu à l’Open d’Australie en janvier.
Un étudiant de Stanford sous les yeux de la Couronne
Avant d’exploser sur le circuit professionnel, Arthur Féry a passé plusieurs années aux États-Unis, où il a étudié à l’université de Stanford. Il y a disputé des tournois du circuit universitaire (Futures) tout en obtenant un diplôme de la faculté de sciences, technologie et société.
Sa progression n’a pas échappé à la famille royale britannique. Kate Middleton, la princesse de Galles, a suivi son match en quarts de finale depuis le court n° 18. La reine Camilla était également présente sur le central lors de sa victoire contre Dimitrov, tout comme Philippa Matthews, la sœur de Kate Middleton.
Entraîné par Jeroen Benard, Arthur Féry s’apprête maintenant à vivre le plus grand défi de sa jeune carrière face à Alexander Zverev, qui reste sur un titre à Roland-Garros. « The moment. The celebration. The noise. Arthur Fery is a Wimbledon semi-finalist », a sobrement commenté le compte officiel du tournoi sur les réseaux sociaux, en légende d’une vidéo montrant l’émotion du joueur après sa qualification.