Les quatorze enfants qui ont perdu la vie mardi dans l'effondrement du toit d'un centre de soutien scolaire ont été inhumés mercredi 1er juillet à Lahore, deuxième ville du Pakistan. Les dépouilles, accompagnées par des familles en deuil, ont été mises en terre dans plusieurs cimetières de la banlieue est de la capitale provinciale du Pendjab.

Le drame s'est produit en milieu de semaine dans un quartier périphérique de Lahore. Selon les premiers éléments de l'enquête, le toit de l'établissement où des enfants recevaient des cours supplémentaires se serait effondré sans préavis. Les secours, dépêchés sur place, n'ont pu que constater le décès de quatorze jeunes présents dans la salle au moment de la catastrophe. Aucun adulte ne figure parmi les victimes, a précisé la police locale.

Les images diffusées depuis le site montrent des livres, des chaussures et d'autres effets personnels éparpillés sous les décombres, témoignant de la soudaineté de l'accident. Les autorités ont indiqué que les opérations de déblaiement étaient terminées et que l'identification des corps avait permis de restituer les dépouilles aux familles dans la journée de mercredi.

Enquête pour négligence

La police a annoncé l'ouverture d'une enquête pour déterminer les circonstances exactes de l'effondrement. Les investigations portent notamment sur la possibilité que des travaux de construction, menés à proximité ou sur le bâtiment lui-même, aient fragilisé la structure du centre. Les enquêteurs examinent les permis de construire et les éventuels manquements aux normes de sécurité.

Ce type de drame relance régulièrement le débat sur la sécurité des bâtiments au Pakistan, où les effondrements d'immeubles ou de toitures sont fréquents, souvent en raison de matériaux de mauvaise qualité, d'un non-respect des règles d'urbanisme ou de l'absence de contrôle technique. Les centres de soutien scolaire, très prisés dans le pays pour préparer les élèves aux examens, sont parfois installés dans des locaux vétustes ou surchargés.

Émotion dans le pays

La nouvelle de la tragédie a suscité une vive émotion au sein de la population pakistanaise. De nombreux habitants de Lahore se sont rendus aux abords du centre sinistré pour rendre hommage aux victimes. Des responsables locaux ont présenté leurs condoléances aux familles et promis que les responsables seraient traduits en justice si la négligence était avérée. Le gouvernement provincial du Pendjab a annoncé une indemnisation pour chaque famille touchée, sans en préciser le montant.

Les funérailles, organisées dans le respect des rites musulmans, ont rassemblé plusieurs centaines de personnes dans les différents quartiers où vivaient les enfants. Certaines mères, incapables de se rendre au cimetière, ont été soutenues par des proches et des voisins.

Un bilan qui interroge

Si le bilan humain est établi à quatorze morts, des questions demeurent sur le nombre exact d'enfants présents au moment du drame et sur les conditions de l'évacuation. La police a indiqué poursuivre ses auditions auprès des témoins et du propriétaire du bâtiment. Aucune arrestation n'a été signalée à ce stade.

Les autorités sanitaires ont parallèlement ouvert une cellule d'aide psychologique pour les familles et les rescapés, afin de les accompagner dans cette épreuve. Le gouvernement fédéral, par la voix d'un porte-parole, a assuré que tout serait mis en œuvre pour éviter qu'une telle catastrophe ne se reproduise.