Le sommet de l’OTAN à Ankara est marqué par une ambiance contrastée : d’un côté, une mise en scène soignée de l’unité et des annonces concrètes pour la défense européenne ; de l’autre, les déclarations provocatrices de Donald Trump, qui ont une nouvelle fois mis à l’épreuve la cohésion de l’alliance atlantique.
Dès son arrivée, le président américain a bénéficié d’un accueil exceptionnel. Recep Tayyip Erdogan s’est rendu en personne à l’aéroport pour le saluer, et les deux hommes ont marché bras dessus bras dessous devant une fanfare jouant l’hymne américain, tandis que des avions de chasse turcs survolaient les lieux en laissant des traînées aux couleurs du drapeau des États-Unis. « Le président turc a tenu à accueillir Donald Trump à l’aéroport », a rapporté un correspondant de sécurité présent sur place. Cette démonstration d’amitié visait clairement à apaiser les tensions qui entourent la présence de Trump à ce sommet.
Les déclarations polémiques de Trump
Mais Donald Trump n’a pas tardé à bousculer le protocole. Peu après son atterrissage, il a relancé son idée d’une prise de contrôle du Groenland, territoire du Danemark, pourtant membre de l’OTAN. Il a reconnu que cette proposition avait déjà « perturbé ses relations avec l’OTAN ». Le premier ministre danois a averti qu’une éventuelle tentative d’annexion par la force « sonnerait le glas de l’alliance ».
Par ailleurs, le chef de l’exécutif américain a critiqué ses alliés pour ne pas avoir participé à l’intervention militaire qu’il a menée plus tôt dans l’année contre l’Iran. Il a particulièrement épinglé le Royaume-Uni, malgré l’autorisation donnée par le premier ministre Keir Starmer d’utiliser des bases aériennes britanniques pour lancer des frappes. « Il a dit non, nous aiderons après la fin de la guerre. J’ai répondu que je ne voulais pas de cette aide. Nous n’avions besoin d’aucune aide. D’une certaine manière, je testais les gens, je vérifiais s’ils seraient là, car j’ai toujours dit que nous les aidions, mais je ne suis pas sûr qu’ils seraient là pour nous », a déclaré Donald Trump.
Des avancées sur le réarmement
Malgré ces tensions, les délégués ont poursuivi des négociations substantielles sur le réarmement de l’Europe. De vastes contrats ont été annoncés, notamment pour la construction d’une nouvelle flotte d’avions de transport par Airbus. L’OTAN prévoit également de remplacer ses vieux appareils de détection AWACS par des avions suédois GlobeEye, renforçant ainsi les capacités de surveillance de l’alliance.
La position délicate du Royaume-Uni
La délégation britannique, menée par Keir Starmer pour ce qui est probablement son dernier sommet, s’efforce de promouvoir la coopération avec ses partenaires européens. Mais son plan d’investissement pour la défense est jugé insuffisant : il manquerait plusieurs milliards de livres par rapport aux objectifs fixés l’année précédente dans le cadre de la revue stratégique de défense.