L'élan de solidarité qui a suivi les récents séismes dévastateurs au Venezuela est devenu, par endroits, un obstacle aux opérations de secours. Face à l'engorgement de la seule route menant à l'État côtier de La Guaira, épicentre des destructions, les autorités ont pris la décision de limiter la circulation sur cet axe aux seuls véhicules officiels et aux personnels dûment autorisés. Cette restriction, en vigueur depuis samedi matin, vise à mettre un terme à la situation devenue ingérable provoquée par l'afflux de volontaires civils.

Depuis plusieurs jours, des camions et des motos chargés de nourriture, d'eau et de médicaments convergeaient vers la zone sinistrée. Mais cet afflux massif a rapidement paralysé la circulation, retardant le passage des ambulances et des équipes de recherche. Une vidéo largement partagée sur les réseaux sociaux montre une secouriste lançant un appel vibrant aux volontaires pour qu'ils cessent de se rendre sur place. « Il y a encore des personnes vivantes sous les décombres », alerte-t-elle, expliquant que l'équipe de sauvetage est prête, mais que le nombre trop important de personnes apportant des fournitures bloque leur intervention.

La secouriste a également mis en garde contre un autre danger : un pont fragilisé par le séisme a subi un déplacement de plusieurs centimètres sous le poids de la circulation automobile, menaçant de s'effondrer et de couper définitivement l'accès à la zone. Elle exhorte la population à déposer ses dons dans des centres de collecte situés à Caracas, plutôt que de les transporter eux-mêmes jusqu'à La Guaira.

Cette situation paradoxale souligne l'ampleur de la catastrophe et la détresse des sinistrés, mais aussi la difficulté à coordonner une réponse humanitaire efficace dans un contexte d'urgence. Les autorités tentent désormais de réorganiser la logistique des secours pour permettre aux équipes spécialisées de rejoindre les victimes sans entrave.