Alors que les discussions entre les États-Unis et l'Iran se poursuivent, l'administration du président Donald Trump explore des voies pour reprendre le contrôle des fonds iraniens dégelés dans le cadre des récents pourparlers, selon des informations concordantes. Plusieurs sources proches du dossier indiquent que l'exécutif américain cherche à s'assurer que ces actifs – dont le montant n'a pas été officiellement communiqué – ne bénéficient pas directement au programme nucléaire ou balistique de Téhéran.

Des options juridiques et financières à l'étude

Les équipes juridiques et financières de la Maison-Blanche auraient été saisies pour examiner les mécanismes permettant une reprise en main des sommes libérées. Parmi les pistes évoquées figurent la saisie judiciaire, le blocage via des sanctions révisées ou encore la création d'un compte séquestre sous supervision américaine. Une source gouvernementale a confié que « l'objectif est de garantir que ces fonds ne servent pas à financer des activités déstabilisatrices ou le programme nucléaire iranien, tout en respectant les engagements pris lors des négociations ». Le Trésor américain serait également impliqué dans cette réflexion, cherchant à concilier droit international, obligations diplomatiques et sécurité nationale.

Un Congrès divisé

Cette initiative a suscité des réactions contrastées au Capitole. Plusieurs élus républicains, notamment au sein de la Commission des affaires étrangères du Sénat, ont exprimé leur soutien à une ligne dure. Le sénateur Tom Cotton (Arkansas) a estimé que « tout dollar qui arrive à Téhéran est un dollar qui peut être utilisé contre les intérêts américains et ceux de nos alliés ». En revanche, des voix démocrates, comme celle du sénateur Chris Murphy (Connecticut), ont mis en garde contre « une rupture unilatérale des accords en cours » qui pourrait compromettre les progrès accomplis. Le Sénat a par ailleurs adopté un texte visant à mettre fin à la guerre contre l'Iran, ce qui témoigne des profondes divisions sur la stratégie à adopter dans la région.

Des négociations en parallèle

Ces manœuvres américaines interviennent alors que les pourparlers américano-iraniens se poursuivent en Suisse, dans un contexte marqué par une rhétorique belliqueuse de la part du président Trump. Celui-ci avait récemment adressé une nouvelle menace à Téhéran, tout en confirmant une nouvelle série de discussions à Genève. Les deux parties avaient fait état de « progrès tangibles » lors des dernières rencontres, malgré les tensions persistantes autour du programme nucléaire iranien et de la fermeture temporaire du détroit d'Ormuz. Cette question des fonds dégelés pourrait devenir un point de friction supplémentaire si Washington décide d'agir unilatéralement, ce que Téhéran a déjà qualifié par le passé de « violation des engagements pris ».

Un précédent controversé

La question des avoirs iraniens n'est pas nouvelle. En 2016, un accord entre l'Iran et les grandes puissances (Plan d'action global commun, JCPOA) avait permis le dégel d'environ 100 milliards de dollars d'actifs iraniens, dont une partie avait été utilisée pour le développement économique. Depuis le retrait américain du JCPOA en 2018, ces fonds sont à nouveau en partie gelés. L'administration Trump semble aujourd'hui vouloir éviter de répéter ce qu'elle considère comme une erreur passée, en s'assurant un contrôle strict sur les sommes libérées dans le cadre des discussions en cours.

Implications pour les marchés

Cette incertitude a eu un impact sur les marchés pétroliers, déjà volatils après les annonces successives de fermeture et de réouverture du détroit d'Ormuz. Les cours du brut, qui avaient chuté après la signature surprise d'un accord entre Washington et Téhéran mi-juin, pourraient de nouveau être affectés par ces développements. Les analystes estiment que toute décision unilatérale américaine sur les fonds iraniens risque d'accroître les tensions et de peser sur la stabilité des approvisionnements énergétiques mondiaux.

Enjeux diplomatiques

À l'international, les alliés européens et les partenaires régionaux suivent de près ces évolutions. La France et l'Allemagne ont appelé à la retenue et au respect du cadre multilatéral des négociations. L'Iran, de son côté, a prévenu que toute tentative de confiscation serait considérée comme « un acte hostile » et pourrait entraîner une rupture des pourparlers, faisant craindre une nouvelle escalade dans la région du Golfe. Les prochains jours devraient être décisifs pour déterminer si l'administration Trump parvient à imposer son contrôle sans faire capoter les discussions diplomatiques.