Des vols nombreux et très polluants

Une enquête publiée récemment détaille les déplacements aériens du président de la Fifa, Gianni Infantino, pendant la Coupe du monde 2026 qui se déroule aux États-Unis, au Canada et au Mexique. Selon les données compilées, M. Infantino a utilisé un jet privé à 27 reprises sur une période d’environ un mois. Ces trajets, effectués pour assister aux rencontres du tournoi, représentent une empreinte carbone considérable.

Les calculs effectués par les auteurs de l’enquête montrent que les émissions de dioxyde de carbone générées par ces 27 vols équivalent à l’impact annuel moyen de 78 personnes. Ce chiffre met en lumière le contraste entre les discours de la Fifa en faveur de la durabilité et les pratiques de son dirigeant.

Un appareil mis à disposition par un partenaire

Le jet privé utilisé par Gianni Infantino a été fourni par Qatar Airways, un sponsor majeur de la Fifa. Cette mise à disposition gratuite ou à coût réduit n’est pas nouvelle : lors de la Coupe du monde 2022 au Qatar, le président de l’instance avait déjà bénéficié d’un tel service. La pratique soulève des questions sur l’indépendance de la Fifa vis-à-vis de ses partenaires commerciaux.

Les trajets de M. Infantino, qui peuvent inclure plusieurs vols par jour, lui permettent de couvrir les trois pays hôtes et d’assister à deux matchs dans la même journée. L’organisation du Mondial sur un territoire aussi vaste rend les déplacements en jet privé plus fréquents que lors d’éditions précédentes.

Un bilan carbone contesté

La Fifa a communiqué des objectifs de réduction de son empreinte carbone pour l’édition 2026, notamment via l’utilisation d’énergies renouvelables et la compensation des émissions. Cependant, les révélations sur les vols de son président jettent un doute sur la sincérité de ces engagements. Des observateurs estiment que l’instance devrait montrer l’exemple en limitant ses déplacements les plus polluants.

L’enquête n’a pas donné lieu à une réaction officielle de Gianni Infantino ou de la Fifa à ce stade. Les défenseurs de l’environnement dénoncent un « deux poids, deux mesures » entre les promesses climatiques de l’organisation et les privilèges de son dirigeant.

Un précédent lors du Mondial 2022

Ce n’est pas la première fois que Gianni Infantino est critiqué pour ses voyages en jet privé. Déjà pendant la Coupe du monde au Qatar, il avait été accusé de contribuer de manière disproportionnée aux émissions de gaz à effet de serre. La révélation de 27 vols supplémentaires en un mois relance le débat sur la responsabilité des grandes organisations sportives face au changement climatique.

La Coupe du monde 2026, avec ses 48 équipes et ses matchs répartis sur trois pays, génère par ailleurs une empreinte carbone globale massive, notamment en raison des déplacements des équipes, des supporters et des infrastructures temporaires. Les vols de M. Infantino ne représentent qu’une fraction de ce total, mais ils suscitent une controverse particulière en raison de la position de l’intéressé.