L'organisation de la Coupe du monde de football 2026, qui se déroule aux États-Unis, au Canada et au Mexique, est de nouveau au cœur d'une polémique environnementale. Le président de la Fédération internationale de football association (FIFA), Gianni Infantino, aurait effectué pas moins de 27 déplacements en jet privé durant les deux premières semaines de la compétition, selon des données compilées par la BBC. L'empreinte carbone cumulée de ces vols équivaudrait à l'impact annuel d'environ 78 personnes.

Des trajets intensifs pour assister aux matchs

Ces vols, qui ont relié plusieurs villes hôtes de la compétition, visaient à permettre à Gianni Infantino d'assister aux rencontres. Le dirigeant aurait ainsi parcouru des distances considérables pour se rendre dans les différents stades, parfois pour voir deux matchs dans la même journée. L'utilisation d'un jet privé lui aurait été fournie par Qatar Airways, partenaire de la FIFA, comme cela avait été annoncé quelques jours avant le début du tournoi.

Un bilan carbone sous haute surveillance

L'empreinte carbone générée par ces 27 vols est estimée à 450 tonnes de CO2, soit un volume équivalent à la consommation annuelle de 78 personnes. Cette révélation intervient alors que la FIFA communique régulièrement sur ses engagements en matière de développement durable et de réduction de son impact environnemental. L'organisation s'était notamment engagée à compenser les émissions de la Coupe du monde 2022 au Qatar.

Le mode de transport choisi par le président de la FIFA contraste avec les efforts de réduction de l'empreinte carbone globale de l'événement. La FIFA avait pourtant mis en avant des initiatives pour limiter l'impact de la compétition, telles que l'utilisation d'énergies renouvelables dans les stades ou la promotion des transports en commun pour les supporters.

Des critiques sur la cohérence écologique

Cet écart entre les discours et les pratiques relance les critiques sur la cohérence de la politique environnementale de l'instance dirigeante du football mondial. Des observateurs et des organisations non gouvernementales dénoncent depuis plusieurs années le recours excessif à des moyens de transport particulièrement polluants par les hauts responsables sportifs, alors même que les grandes compétitions internationales sont pointées du doigt pour leur empreinte carbone.

Les partisans du président de la FIFA justifient ces déplacements par la nécessité de se rendre rapidement dans plusieurs villes hôtes pour superviser l'organisation de la compétition et rencontrer les différentes délégations. Toutefois, ces arguments peinent à convaincre face à l'ampleur des émissions de gaz à effet de serre générées.

Un contexte plus large

Cette polémique s'inscrit dans un contexte plus large de questionnement sur l'impact écologique des grands événements sportifs. La Coupe du monde 2026, organisée sur trois pays et dans seize villes, est d'ores et déjà considérée comme l'une des plus grandes compétitions jamais planifiées, avec un impact logistique et environnemental potentiellement colossal. La multiplication des déplacements, tant pour les équipes que pour les officiels et les supporters, représente un défi majeur en termes d'émissions de CO2.

La FIFA s'est fixé pour objectif de réduire son empreinte carbone et de promouvoir des pratiques plus durables. Cependant, les révélations concernant les vols en jet privé de son président viennent jeter une ombre sur ces engagements et pourraient relancer les appels à une plus grande transparence et à des mesures plus contraignantes pour les dirigeants sportifs.

Alors que la compétition se poursuit jusqu'à la finale prévue en juillet, ces informations pourraient alimenter les débats sur la responsabilité environnementale des instances sportives et sur la nécessaire cohérence entre les discours et les actes en matière de lutte contre le changement climatique.