Les autorités boliviennes ont annoncé, ce dimanche 21 juin, qu’aucun barrage routier n’était plus actif dans le pays, au lendemain de la déclaration de l’état d’exception par le président Rodrigo Paz. Cette mesure, prise en réponse à cinq semaines de protestations contre la politique d’austérité du gouvernement, a été approuvée en début de matinée par l’Assemblée législative.

Le décret présidentiel interdit explicitement « le blocage des rues, avenues, routes et autoroutes de manière à affecter le transport et les approvisionnements ». Il autorise également les forces armées à soutenir la police « dans le rétablissement de l’ordre, la réouverture des routes et la protection de la population ». Dimanche, des patrouilles policières et militaires restaient déployées sur le terrain.

Accords locaux et trêve dans la capitale

Plusieurs avancées simultanées ont contribué à l’apaisement de la situation. Dans le département de Santa Cruz, principale région économique du pays, les autorités locales et les leaders de la contestation ont signé un accord pour lever un barrage stratégique dans la localité de San Julián. Par ailleurs, une fédération représentant des communautés rurales et autochtones a annoncé une suspension des manifestations à La Paz, tout en précisant ne pas renoncer à ses revendications.

Ces blocages, qui duraient depuis cinq semaines, avaient paralysé une grande partie du réseau routier bolivien, bloquant des camions et perturbant gravement l’approvisionnement en nourriture, carburant et médicaments dans plusieurs régions.

Un bilan humain lourd

Selon le bureau du médiateur bolivien et des organisations de défense des droits humains, au moins dix-sept personnes ont perdu la vie durant cette crise, la plupart des décès étant liés à l’impossibilité d’accéder à des soins médicaux en raison des barrages. Les autorités font également état de 365 arrestations et de 37 blessés lors d’affrontements violents entre manifestants et forces de l’ordre antérieurs à la levée des barrages.

Des routes endommagées

Si l’administration nationale des autoroutes a confirmé l’absence de tout barrage actif ce dimanche, elle a prévenu que de nombreuses voies de circulation nécessitaient d’importants travaux de nettoyage et de réparation avant de pouvoir être entièrement rouvertes à la circulation.

Des observateurs s’inquiètent

Des organisations de défense des droits humains ont mis en garde contre le risque qu’une réponse gouvernementale trop sévère, qui ne s’attaquerait pas aux causes profondes du mécontentement, n’exacerbe les tensions à long terme. Les manifestants réclament depuis plusieurs semaines la démission du président Paz, consécutive à l’adoption de mesures d’austérité comprenant notamment la suppression des subventions aux carburants en début d’année.