Le ministère de l'Éducation nationale a confirmé le maintien des épreuves du brevet des collèges vendredi, tout en annonçant une série d'aménagements destinés à faire face à la canicule qui touche une grande partie de la France. Quelque 850 000 élèves de troisième sont ainsi concernés par l'examen de français, qui se déroulera sous des températures pouvant atteindre 40 degrés Celsius dans plusieurs départements placés en vigilance rouge par Météo-France.

Le ministre de l'Éducation nationale, Édouard Geffray, a précisé les mesures retenues pour adapter le déroulement des épreuves à cette situation climatique exceptionnelle. Selon ses déclarations, l'objectif est de garantir le bon déroulement de l'examen tout en préservant la santé des candidats. Les adaptations portent principalement sur l'organisation matérielle et les horaires.

Parmi les principales dispositions, la concentration des épreuves le matin a été privilégiée. Le ministre a indiqué que, pour le baccalauréat comme pour le brevet, l'administration centrale recommande aux chefs d'établissement de programmer les épreuves orales et écrites dans la matinée, afin d'éviter les heures les plus chaudes de l'après-midi. Cette recommandation fait suite aux épisodes de forte chaleur déjà observés ces derniers jours et aux difficultés rencontrées par certains jurys lors du grand oral du bac.

Les établissements sont également invités à mettre à disposition des points d'eau et à ouvrir des salles climatisées ou rafraîchies chaque fois que possible. Des consignes ont été diffusées pour que les candidats puissent se munir de gourdes et que les locaux soient aérés avant le début des épreuves. Les autorités académiques ont par ailleurs la possibilité de reporter localement certains oraux lorsque les conditions météorologiques l'exigent, ainsi que cela avait été prévu pour les épreuves du baccalauréat.

Cette décision de maintenir le brevet intervient dans un contexte de fortes tensions. Des syndicats de personnels de l'Éducation nationale et des associations de parents d'élèves avaient demandé un report pur et simple des examens en raison des prévisions caniculaires. Le ministère a toutefois estimé qu'un report généralisé poserait des problèmes d'organisation majeurs, notamment pour la correction et la publication des résultats, et qu'il pénaliserait les candidats dont les épreuves sont déjà programmées dans un calendrier serré.

Le ministre a assuré que la priorité reste la santé des élèves et des personnels encadrants. Des consignes ont été rappelées aux chefs d'établissement concernant la vigilance à observer face aux signes de coup de chaleur. En cas de malaise d'un candidat pendant l'épreuve, une procédure spécifique prévoit que celui-ci puisse être pris en charge par les secours et, si son état le permet, repasser l'épreuve lors d'une session de rattrapage. Aucune décision de suspension de l'épreuve en cours n'a été prise à ce stade au niveau national, la gestion des situations d'urgence étant déléguée aux responsables locaux.

Les mesures annoncées s'inscrivent dans le prolongement des adaptations déjà mises en place pour le baccalauréat. Le ministère avait en effet, dès la mi-juin, autorisé les recteurs à décaler les oraux du bac en cas de fortes chaleurs. Cette faculté avait été utilisée dans plusieurs académies ces derniers jours, suscitant des critiques de la part de professeurs membres de jurys, qui ont dénoncé une « grande confusion » et des conditions de travail pénibles sous des températures élevées.

Pour le brevet, aucune modification des sujets ou de la durée des épreuves n'est envisagée. Les candidats plancheront donc sur les mêmes épreuves que prévu, mais dans un cadre assoupli. Les autorités appellent les familles à veiller à ce que les collégiens soient bien hydratés et habillés légèrement, et à signaler tout problème à la direction de l'établissement.

Cette gestion de la canicule lors des examens nationaux pose la question plus large de l'adaptation du système scolaire face aux épisodes climatiques extrêmes, récurrents en période estivale. Alors que les vagues de chaleur se multiplient ces dernières années en France, le ministère est régulièrement interpellé pour revoir le calendrier des examens ou anticiper les mesures de protection. Pour l'heure, aucune réforme structurelle du calendrier n'a été annoncée, les adaptations restant au cas par cas, selon les prévisions météorologiques et les directives académiques.