Une idée reçue passée au crible
Dans le cadre de la séquence « Bullshitomètre » diffusée sur BFM Business, un nouvel axiome boursier a été examiné et rejeté : la proposition selon laquelle « il faut choisir les actions offrant le meilleur rendement au moment de l’achat » a été qualifiée de fausse par l’invité Julien Letestu.
Ce concept, souvent avancé par des investisseurs peu avertis ou par certains discours de promotion financière, suggère que le choix d’un titre coté devrait avant tout se baser sur le dividende qu’il verse à l’instant de l’acquisition. Or, cette approche est jugée trop sommaire et potentiellement trompeuse.
Un raisonnement plus exigeant
Julien Letestu a expliqué que l’investissement en actions réclame une « rigueur très importante dans la sélection ». Selon lui, l’objectif n’est pas de se focaliser sur le rendement immédiat, mais plutôt de « chercher des entreprises qui ont un dividende qui croît depuis plusieurs années ». En d’autres termes, la pérennité et la progression du dividende dans le temps constituent des indicateurs bien plus fiables de la santé et de la stratégie d’une société qu’un taux de distribution ponctuel.
Cette distinction est cruciale pour les investisseurs : un rendement élevé au moment de l’achat peut en effet cacher une entreprise en difficulté, qui distribue l’essentiel de ses bénéfices sans perspective de croissance, ou dont le cours de Bourse a chuté, gonflant artificiellement le ratio. À l’inverse, une société capable d’augmenter régulièrement son dividende sur plusieurs exercices témoigne d’une solidité financière et d’une vision de long terme.
Une série de vérifications
Cette intervention s’inscrit dans une série plus large du « Bullshitomètre », qui décortique régulièrement des affirmations répandues dans l’univers de la finance. Quelques jours plus tôt, une autre assertion – « Les actions cotées reflètent la santé des entreprises » – avait également été démentie par un autre expert, illustrant la complexité du décryptage des marchés.
Les chroniqueurs rappellent ainsi que la Bourse n’est pas le simple miroir de l’économie réelle, et que les investisseurs doivent se méfier des formules toutes faites. La performance passée et les promesses de rendement ne doivent pas occulter l’analyse fondamentale des modèles d’affaires et de la politique de distribution des bénéfices.
Implications pour les épargnants
Pour le grand public, ce type de mise en garde revêt une importance particulière dans un contexte où les placements en actions sont souvent présentés comme une solution miracle face à la faiblesse des taux d’intérêt. Les conseillers en gestion de patrimoine insistent régulièrement sur la nécessité de diversifier ses sources de revenus et de ne pas se laisser aveugler par des chiffres isolés.
Le message de Julien Letestu rejoint cette prudence : la sélection d’un titre ne doit pas reposer sur un unique critère, surtout lorsque celui-ci est statique. La croissance dynamique du dividende, observée sur plusieurs années, offre une meilleure indication de la capacité d’une entreprise à rémunérer durablement ses actionnaires.
Alors que les marchés financiers restent marqués par des incertitudes conjoncturelles, ce rappel méthodologique pourrait aider les investisseurs à affiner leur stratégie et à éviter des décisions trop hâtives basées sur des idées reçues.