La vague de chaleur qui s'est abattue sur la France depuis la fin de semaine dernière continue de pulvériser les indicateurs thermiques. Dimanche, pas moins de 180 records de température ont été enregistrés par Météo-France, avec des pointes à 42,2°C dans les Landes et 41,9°C dans l'Allier. Dès le lendemain, lundi, la situation s'est encore aggravée : la température moyenne nationale a atteint 29,2°C, un niveau inédit pour un mois de juin, et plusieurs villes de l'Ouest ont connu leur journée la plus chaude tous mois confondus, notamment Rennes (40,6°C), Angers (40,9°C) et Saintes (42°C).

Mardi, le pic absolu Le cap le plus élevé a été franchi mardi. Selon les données de l'organisme météorologique national, 339 records de chaleur ont été battus sur l'ensemble du territoire. Les maximales ont atteint 44,3°C dans les Landes et 44°C en Vendée, des valeurs qui placent cette journée comme la plus chaude jamais mesurée en France. La température moyenne française sur la journée a également établi un nouveau record, dépassant celui de lundi.

Une chaleur plus intense que presque partout ailleurs L'ampleur de cet épisode caniculaire est également frappante à l'échelle mondiale. D'après les relevés, lundi, seuls 1,2 % de la surface terrestre (essentiellement le Sahara, l'Iran ou l'Irak) enregistraient des températures supérieures à celles de la France. L'Espagne voisine connaît elle aussi des records : l'Agence météorologique nationale espagnole a indiqué que lundi et mardi ont été les deux journées les plus chaudes pour un mois de juin depuis 1950, avec une température moyenne sur 24 heures atteignant 28,17°C mardi, après 28,08°C lundi.

Une vigilance maximale étendue Face à cette situation, les autorités ont élargi les dispositifs d'alerte. Mercredi, 58 départements étaient placés en vigilance rouge, concernant près de 39 millions de personnes, tandis que 17 autres se trouvaient en orange. Jeudi, le rouge a été étendu à 72 départements et l'orange à 17, couvrant environ 95 % de la population. Au niveau européen, au moins 94 millions d'habitants devaient subir des températures supérieures à 35 °C ce mercredi, d'après une estimation de l'Agence France-Presse.

Des conséquences humaines et matérielles La canicule a déjà des répercussions tragiques. Depuis le 18 juin, 40 décès par noyade ont été recensés dans les cours d'eau ou en mer, une hausse probablement liée aux fortes chaleurs. Dans le Vaucluse, deux enfants ont été retrouvés morts dans une voiture ; le parquet a indiqué privilégier « la piste de la canicule ». Les services d'urgence constatent une augmentation de 30 à 40 % des appels au Samu, et les hôpitaux craignent d'être rapidement débordés.

Par ailleurs, les incendies et les coupures de courant ajoutent aux difficultés. Un feu a ravagé 97 hectares de forêts dans le Maine-et-Loire, obligeant les pompiers à intervenir jusqu'au milieu de la nuit. Dans le sud du Finistère, environ 68 000 foyers ont été privés d'électricité, et 5 000 autres dans le Vaucluse, conséquence de la surcharge du réseau électrique.

Quelques signes d'accalmie attendus Les prévisions des services météorologiques annoncent une légère baisse des températures à partir de vendredi sur la moitié nord, mais la chaleur devrait persister dans le sud du pays. Les autorités appellent à la plus grande vigilance, notamment pour les personnes âgées, les enfants et les personnes souffrant de pathologies chroniques.