Les résultats de l'autopsie pratiquée sur le corps de Lyhanna, l'adolescente de 14 ans retrouvée morte dans le Gers, n'ont pas permis aux médecins légistes de déterminer « avec certitude » la cause du décès. Cette annonce, faite par les autorités judiciaires, intervient alors que le principal suspect, Jérôme Barella, a été mis en examen pour meurtre et viol sur mineur.
Des analyses médico-légales incomplètes
L'examen du corps de la jeune fille, réalisé dans le cadre de l'enquête ouverte après la découverte de son corps, n'a pas révélé de lésions ou d'éléments suffisamment probants pour établir formellement le mécanisme du décès. Les experts judiciaires ont indiqué que plusieurs hypothèses restaient envisagées, sans qu'aucune ne puisse être privilégiée à ce stade. Cette incertitude médicale complique la qualification des faits, mais n'a pas empêché le parquet de requérir une mise en examen pour meurtre.
Des charges aggravées
Au-delà de l'homicide, Jérôme Barella est également poursuivi pour viol sur mineur. Les premières constatations avaient déjà révélé des traces de nature sexuelle sur la dépouille de l'adolescente, confirmées par les prélèvements génétiques. L'ADN de l'homme de 31 ans a été identifié sur les lieux et sur le corps de la victime. Selon les informations recueillies, les analyses ont également mis en évidence l'usage de scotch pour bâillonner Lyhanna, un élément qui alourdit le tableau des violences subies.
Une enquête sous haute tension
L'affaire, qui a suscité une vive émotion dans l'opinion publique, fait l'objet d'une instruction judiciaire approfondie. Les enquêteurs s'efforcent de reconstituer le parcours de Lyhanna et les circonstances de sa mort. Plusieurs auditions de proches et de témoins ont eu lieu. Parallèlement, une mission d'inspection a été diligentée pour examiner les conditions dans lesquelles une plainte déposée en août 2025 par la mère de la victime avait été traitée. Cette mission a mis en lumière des « défaillances » dans le suivi de cette procédure, qui aurait pu, selon certains, permettre d'anticiper le drame.
Des précédents troublants
L'enquête a également révélé que Jérôme Barella aurait eu des échanges inappropriés avec d'autres jeunes filles, dont une collégienne placée à l'aide sociale à l'enfance (ASE). Des messages à caractère intime et des photographies lui auraient été adressés. Ces éléments, portés à la connaissance des autorités avant le décès de Lyhanna, n'avaient pas conduit à une interpellation. L'avocate d'une autre victime présumée avait décrit une enfant « murée dans le silence », marquée par l'emprise exercée par l'homme.
Les prochaines étapes
Jérôme Barella, placé en détention provisoire depuis son arrestation, reste présumé innocent des faits qui lui sont reprochés. L'instruction se poursuit pour tenter de clarifier les zones d'ombre entourant la mort de Lyhanna, notamment les causes exactes du décès. La famille de l'adolescente, assistée de ses avocats, attend désormais les conclusions définitives des expertises complémentaires qui ont été ordonnées. Le volet administratif de l'affaire, avec les conclusions de la mission d'inspection, pourrait également déboucher sur des sanctions disciplinaires.