Les mécanismes de la thermorégulation
Le corps humain maintient normalement une température interne autour de 37 °C. Lorsque la température extérieure grimpe, l'organisme active des mécanismes de refroidissement : la transpiration et la dilatation des vaisseaux sanguins cutanés. La sueur, en s'évaporant sur la peau, emporte l'excès de chaleur. Le sang est également redirigé vers la surface de la peau pour dissiper la chaleur via le rayonnement.
Mais ces processus ont un coût. La circulation sanguine étant davantage orientée vers la peau, les organes internes reçoivent moins de sang et d'oxygène. Le cœur doit pomper plus fort pour compenser, ce qui augmente le rythme cardiaque et la pression artérielle. Chez les personnes souffrant de maladies cardiovasculaires, cet effort supplémentaire peut précipiter une crise cardiaque ou un accident vasculaire cérébral.
La déshydratation et les troubles électrolytiques
La perte d'eau et de sels minéraux par la transpiration peut rapidement entraîner une déshydratation. Les premiers signes sont la soif, la bouche sèche, des urines foncées et une fatigue inhabituelle. Si elle s'aggrave, elle provoque des vertiges, des maux de tête, et une baisse de la pression artérielle. Un déséquilibre des électrolytes, notamment le sodium et le potassium, peut perturber le fonctionnement des muscles et des nerfs, allant jusqu'à des crampes ou des convulsions.
Le coup de chaleur : une urgence vitale
Le coup de chaleur est l'état le plus grave lié à la chaleur. Il survient lorsque le système de thermorégulation est submergé et que la température corporelle dépasse 40 °C. Les symptômes comprennent une peau chaude, rouge et sèche (la transpiration cesse), une confusion mentale, un délire, des convulsions ou une perte de connaissance. Sans prise en charge rapide (refroidissement du corps et réhydratation par voie intraveineuse), il peut entraîner des lésions organiques irréversibles et la mort.
Les populations à risque
Certains groupes sont plus vulnérables : les personnes âgées, dont la capacité de thermorégulation est affaiblie et qui prennent souvent des médicaments (diurétiques, bêta-bloquants) pouvant aggraver la déshydratation ; les nourrissons et les jeunes enfants, qui transpirent moins et ont une surface corporelle proportionnellement plus grande ; les personnes souffrant de maladies chroniques (diabète, obésité, pathologies cardiaques ou respiratoires) ; les travailleurs en extérieur, les sportifs et les sans-abri, qui sont davantage exposés ; et les personnes prenant certains médicaments, comme des antidépresseurs ou des antihistaminiques, qui peuvent altérer la régulation thermique.
Les signes d'alerte et la conduite à tenir
Les autorités sanitaires recommandent de surveiller l'apparition de symptômes tels que des crampes musculaires, une soif intense, une fatigue excessive, des nausées ou un mal de tête persistant. Face à ces signes, il faut se mettre à l'ombre ou dans un endroit frais, boire de l'eau par petites gorgées, se vaporiser de l'eau fraîche et se reposer. En cas de suspicion de coup de chaleur (température corporelle élevée, confusion, peau sèche et brûlante), il est impératif d'alerter les secours d'urgence sans délai et de tenter de refroidir la personne en attendant leur arrivée.
Les mesures de prévention
Pour se protéger pendant les épisodes de canicule, il est conseillé de boire régulièrement de l'eau sans attendre d'avoir soif, d'éviter l'alcool et les boissons caféinées qui accentuent la déshydratation, de rester à l'intérieur aux heures les plus chaudes (de 11 h à 17 h), de fermer les volets et les rideaux pour garder la maison fraîche, et de porter des vêtements légers, amples et de couleur claire. Il est également recommandé de prendre des douches ou des bains frais, et de ne pas sortir sans chapeau et protection solaire.
Les effets à long terme
Si les conséquences immédiates de la chaleur sont les plus connues, une exposition répétée à des températures élevées peut également aggraver des pathologies chroniques (insuffisance rénale, maladies respiratoires) et augmenter le risque d'infections, car la déshydratation altère les barrières naturelles comme les muqueuses. Les périodes de canicule sont aussi associées à une hausse de la mortalité toutes causes confondues, en particulier chez les personnes âgées et isolées.