Les fortes chaleurs qui frappent la France ont eu raison de la rigueur vestimentaire du Palais-Bourbon. La présidente de l’Assemblée nationale a décidé de desserrer les contraintes imposées aux députés en matière d’habillement dans l'hémicycle, alors que le pays traverse un épisode caniculaire.

Jusqu’à présent, le règlement intérieur de l’institution était sans ambiguïté. L’instruction générale du bureau de l’Assemblée précise que la tenue des parlementaires « doit être neutre et en adéquation avec la solennité des lieux ». Le texte interdit formellement le port du short ou du bermuda, et exige pour les hommes le port de la veste, tout en recommandant la cravate. Une règle que les députés respectaient scrupuleusement, quelles que soient les conditions climatiques.

Avec la canicule, cette obligation a été provisoirement assouplie. Dans un courrier adressé aux élus, la présidente de l’Assemblée a annoncé que les députés étaient désormais autorisés à se présenter dans l’hémicycle sans veste ni cravate. Une mesure destinée à leur permettre de supporter la chaleur qui règne dans l’enceinte parlementaire. La décision a également concerné les modalités de vote : les députés parents d’un enfant dont la crèche ou l’école aurait fermé à cause de la canicule peuvent désormais déléguer leur vote plus facilement.

Une demande d’assouplissement plus large

Si la levée de l’obligation de la veste et de la cravate a été saluée, certains élus estiment que le geste ne va pas assez loin. Plusieurs voix se sont élevées pour réclamer l’autorisation de porter des tenues encore plus légères, comme le short et le polo, jugés plus adaptés aux températures élevées. Le sujet a été débattu entre les groupes politiques, certains considérant que la solennité des débats n’est pas incompatible avec une tenue estivale.

« Il n’y a pas de raison que les députés souffrent plus que les Français », a fait valoir un parlementaire. La question du confort des élus pendant les périodes de forte chaleur revient régulièrement sur le tapis, d’autant que le bâtiment de l’Assemblée nationale, comme de nombreux immeubles parisiens, n’est pas climatisé dans toutes ses parties.

Un symbole qui interroge

L’assouplissement du code vestimentaire n’est pas neutre symboliquement. Le costume-cravate est traditionnellement associé à la dignité de la fonction parlementaire. En assouplissant la règle, la présidence de l’Assemblée a voulu répondre à une urgence pratique tout en préservant l’image de l’institution. La décision a été prise « pour la durée de l'épisode caniculaire », sans que soit précisée une date de retour à la normale.

Pour l’instant, le bermuda reste interdit, mais le débat est lancé. Certains députés espèrent que la tolérance actuelle ouvrira la voie à une réflexion plus large sur l’adaptation des tenues aux conditions climatiques, dans un contexte de réchauffement global.