La Confédération générale du travail (CGT) a officiellement demandé que les épisodes de canicule soient intégrés au dispositif de chômage partiel pour intempéries, actuellement réservé à des conditions climatiques comme la neige ou le verglas. Selon Santé publique France, neuf accidents du travail mortels survenus en 2025 seraient potentiellement liés à une exposition à de fortes chaleurs.
Cette revendication intervient alors que l’exécutif explore plusieurs pistes pour adapter le travail aux vagues de chaleur, parmi lesquelles figurent des horaires décalés, une réduction de la durée quotidienne de travail, voire l’instauration d’une sieste pour les salariés les plus exposés. Ces propositions, évoquées ces derniers jours par des membres du gouvernement, visent à limiter les risques sanitaires et à maintenir l’activité économique lors des pics de température.
Un cadre juridique encore trop limité
Actuellement, le dispositif de chômage partiel pour intempéries concerne essentiellement les secteurs du bâtiment et des travaux publics. La CGT souhaite son élargissement à l’ensemble des branches professionnelles, estimant que la canicule constitue un phénomène climatique extrême au même titre que les autres aléas météorologiques. Le syndicat souligne que les travailleurs de l’agriculture, de la logistique ou encore de la propreté sont tout aussi vulnérables.
Les chiffres de Santé publique France, qui établissent un lien possible entre la chaleur et neuf décès au travail en 2025, renforcent selon la centrale syndicale l’urgence d’une évolution réglementaire. La CGT appelle à une reconnaissance officielle de la canicule comme risque professionnel, ce qui permettrait de suspendre ou réduire l’activité sans perte de salaire pour les employés concernés.
Des mesures gouvernementales en préparation
De son côté, le gouvernement examine des mesures alternatives au chômage partiel, afin de ne pas paralyser l’économie pendant les périodes de forte chaleur. Parmi les pistes évoquées : le recours au télétravail, la flexibilité des horaires avec des plages de travail matinales ou tardives, et la possibilité d’instaurer une pause obligatoire en milieu de journée. L’idée d’une sieste, inspirée de pratiques observées dans les pays méditerranéens, a également été mentionnée par plusieurs ministres.
Ces propositions n’ont pas encore été formalisées dans un texte législatif, mais des consultations avec les partenaires sociaux sont en cours. La demande de la CGT devrait nourrir ces discussions, le syndicat plaidant pour un mécanisme simple et universel, accessible à tous les secteurs sans condition de taille d’entreprise.
Un enjeu de santé publique croissant
Avec le réchauffement climatique, les vagues de chaleur se multiplient et deviennent plus intenses en France. Les autorités sanitaires alertent régulièrement sur les risques pour les travailleurs en extérieur ou dans des locaux non climatisés. La mortalité liée aux fortes températures fait l’objet d’une surveillance renforcée, et les neuf cas recensés en 2025 pourraient n’être que la partie émergée de l’iceberg, selon certains experts.
Le gouvernement et les syndicats semblent partager le constat d’une nécessaire adaptation, mais divergent sur les moyens. L’exécutif privilégie des aménagements à la carte, tandis que la CGT insiste sur la nécessité d’un filet de sécurité juridique garanti par l’État. Les prochaines semaines devraient permettre de préciser la position du gouvernement sur ce dossier.